Artémis 2 : décollage réussi pour la mission lunaire, un demi-siècle après Apollo 17
Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la NASA ont décollé mercredi pour un aller-retour de dix jours autour de la Lune, marquant une étape significative vers un retour sur le sol lunaire prévu en 2028. Jared Isaacman, responsable de l’agence spatiale américaine, a déclaré lors d’une conférence de presse : « Après une brève interruption de 54 ans, la NASA reprend sa mission d’envoyer des astronautes vers la Lune. »
La fusée Space Launch System (SLS) a quitté le sol à 18 h 35 (22 h 35 GMT) depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Quelques minutes après le lancement, le commandant de la mission, Reid Wiseman, a déclaré : « Nous voyons un beau lever de Lune. » Son coéquipier canadien, Jeremy Hansen, a ajouté : « Nous partons pour l’humanité tout entière. »
Les astronautes à bord, Victor Glover et Christina Koch, ont décollé du même pas de lancement que les astronautes d’Apollo, participant ainsi à ce premier retour vers la Lune depuis la fin des vols Apollo en 1972. La capsule Orion s’est détachée comme prévu huit minutes après le décollage et s’est placée en orbite terrestre.
Les astronautes effectueront plusieurs orbites autour de la Terre à une vitesse d’environ 27 000 km/h pour tester les systèmes de la capsule. La prochaine étape majeure est prévue pour jeudi à 23 h 30 GMT, lorsque les moteurs seront allumés pour se diriger vers la Lune, qu’ils survoleront lundi, sans atterrissage, comme l’avait fait Apollo 8 en 1968.
Cependant, des imprévus techniques ont été signalés, notamment une perte temporaire de communication avec les astronautes et des problèmes de toilettes. Amit Kshatriya de la NASA a commenté : « C’est juste le début. » Une manœuvre en orbite, où Victor Glover a simulé un amarrage, s’est déroulée avec succès.
Au centre spatial Kennedy, des applaudissements ont accompagné le lancement de la fusée. Le programme Artémis, qui a coûté des dizaines de milliards de dollars et a pris des années de retard, est crucial pour la NASA, alors que l’agence fait face à des défis budgétaires et à des départs de personnel.
Le programme Artémis a été conçu pour promouvoir la collaboration internationale et l’inclusion, avec un équipage comprenant une femme, un homme noir et un non-Américain, une première par rapport aux missions Apollo.
Des doutes subsistent quant à la réalisation de l’objectif de 2028, en particulier concernant le développement d’un alunisseur par des entreprises comme SpaceX et Blue Origin. La NASA a également modifié le programme Artemis, annulant le projet de station en orbite lunaire, laissant les partenaires européens incertains quant à leur participation future.
Les astronautes devraient établir un nouveau record d’éloignement de la Terre lors de cette mission. Artémis 2 est considérée comme une mission test préparant le terrain pour les futures missions lunaires.
Source : La Croix
