Arrêts de travail et santé mentale : l’urgence d’un renforcement de la prévention

Arrêts de travail et santé mentale : l’urgence d’un renforcement de la prévention

Alors que le gouvernement a présenté en avril dernier son plan d’action national contre l’absentéisme, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 43 % des salariés ayant eu un arrêt de travail dans l’année déclarent une cause psychologique (totale ou partielle). Selon Santé Publique France, 10 % des suicides seraient liés au travail. Aujourd’hui, la santé mentale constitue la deuxième cause d’arrêt de travail et la première cause d’arrêts de travail longs. Ce phénomène touche particulièrement les jeunes, les femmes, les cadres (54 % se disent en situation d’épuisement) et les personnes exerçant dans des métiers à forte pression.

Parmi les arrêts de travail liés à un problème de santé mentale, un sondage récent révèle que 34 % d’entre eux sont directement liés au travail, mais ce pourcentage monte à 57 % chez les actifs qui ne parviennent pas à faire face à leur charge de travail. Outre la charge de travail, le manque de reconnaissance, les pratiques managériales, les comportements toxiques individuels ou en groupe, ainsi que les tensions liées à l’organisation du travail, expliquent ces problèmes de santé mentale.

Certains secteurs sont davantage concernés, notamment la santé, le social, l’éducation, les transports et la logistique, le commerce, la fonction publique et le BTP. Ces secteurs partagent une forte pression (temps, objectifs, responsabilités), une charge émotionnelle élevée et une organisation du travail dégradée. Malgré une prise de conscience croissante, la pression est encore trop souvent banalisée dans les entreprises.

Bien que la santé mentale ait été déclarée priorité nationale en 2025, les mes prises ne semblent pas à la hauteur des enjeux. Dans ce contexte, renforcer la prévention en matière de santé mentale au travail apparaît comme une nécessité.

Il est essentiel de mieux intégrer les risques psychosociaux dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), où ils figurent rarement. Cet outil est fondamental pour la prévention, y compris en matière de santé mentale.

La représentation du personnel a également été affectée par la suppression des Comités Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT), une instance spécialisée dont l’absence fragilise la problématique de la santé et de la prévention. Le rétablissement des CHSCT est ainsi réclamé par Force Ouvrière.

La prévention des problématiques de santé mentale au travail nécessite également une sensibilisation accrue des acteurs au sein des entreprises, ainsi que la levée du tabou autour de certaines formes de management jugées toxiques.

Enfin, il est crucial de revaloriser la médecine du travail, souvent négligée, et de garantir un meilleur accès aux soins dans le cadre de la médecine de ville.

Source : Santé Publique France, Workplace Options, IPSOS/BVA.

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