APOE2 : un gène protecteur contre Alzheimer et le vieillissement cérébral
Une étude récente menée par l’Institut Buck pour la recherche sur le vieillissement, publiée dans la revue Aging Cell, révèle que le gène APOE2 pourrait jouer un rôle crucial dans la protection des neurones contre les dommages à l’ADN et la sénescence cellulaire, un état de fonctionnement dégradé des cellules qui augmente avec l’âge et contribue à la neurodégénérescence.
Les personnes portant la variante APOE2 de ce gène présentent une espérance de vie plus longue et un risque réduit de développer la maladie d’Alzheimer, un avantage connu depuis plusieurs années, mais dont les mécanismes biologiques restaient jusqu’alors flous. Lisa M. Ellerby, auteur principal de l’étude et professeure à l’Institut Buck, souligne que les neurones porteurs d’APOE2 sont plus efficaces dans la prévention et la réparation des dommages à l’ADN, et qu’ils résistent mieux aux programmes de vieillissement cellulaire.
APOE se décline en trois formes principales : APOE2, APOE3 et APOE4, qui, bien que ne différant que par deux acides aminés, ont des impacts très différents sur le vieillissement cérébral. Alors qu’APOE4 est le facteur de risque génétique le plus fort pour la forme tardive de la maladie d’Alzheimer, APOE2 est associé à une longévité accrue et à une diminution des risques de démence.
Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé des cellules souches pluripotentes induites humaines (iPSCs) pour créer deux types de neurones, puis ont analysé les effets des différentes variantes d’APOE sur leur vieillissement. Les résultats ont montré que les neurones APOE2 accumulaient moins de dommages à l’ADN et activaient des voies de réparation plus efficacement que leurs homologues portant APOE3 et APOE4.
De plus, les neurones APOE2 ont montré une meilleure résistance à la sénescence, même lorsqu’ils étaient soumis à des stress tels que l’exposition aux radiations ou à des médicaments de chimiothérapie. Les tests ont également indiqué que l’ajout de protéine recombinante APOE2 aux neurones APOE4 réduisait les signaux de dommages à l’ADN, suggérant que certains bénéfices d’APOE2 pourraient être transférables.
Les expériences sur des souris ont corroboré ces résultats, montrant que les souris porteuses du gène APOE2 présentaient des caractéristiques associées à un vieillissement cérébral plus sain.
Les découvertes de cette étude ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à améliorer la réparation de l’ADN ou à éliminer les cellules sénescentes du cerveau, ce qui pourrait bénéficier aux individus portant la variante APOE4, à haut risque pour Alzheimer.
Source : Buck Institute for Research on Aging, Aging Cell.
