Antonin Pottier : Repenser le contrat social pour résoudre la question climatique.

Antonin Pottier : « La question climatique ne se résout pas avec des outils budgétaires, mais en repensant notre contrat social »

La question climatique ne se résout pas avec des outils budgétaires, mais en repensant notre contrat social

Alors que la France fait face à une succession de sécheresses, de canicules et d’incendies en 2026, la question de l’action climatique devient cruciale. L’économiste Antonin Pottier, coauteur de Un nouveau contrat écologique (PUF, 2024), souligne que la transition écologique nécessite des changements profonds qui doivent s’appuyer sur un large compromis politique, s’étalant sur plusieurs décennies.

Pottier exprime des doutes quant à la capacité du débat budgétaire ou des élections présidentielles à établir ce nouveau contrat social écologique. Il appelle à une concertation entre les différentes forces politiques et sociales pour créer une majorité unie sur les objectifs et les moyens de la transition. Sans cela, toute politique écologique risque d’être remise en question à chaque élection.

Il rappelle que la France subit déjà les conséquences de son inaction climatique. Les effets du réchauffement, bien que visibles, ne sont que le début d’une longue série de coûts liés à l’accumulation des gaz à effet de serre. Pottier déplore également que des choix budgétaires récents, tels que l’annulation de commandes de Canadair et la diminution du Fonds vert, aient été faits au détriment de l’écologie. Il souligne que l’ampleur des dégâts causés par le réchauffement n’est pas encore pleinement anticipée par la société.

En ce qui concerne l’investissement, Pottier note qu’il est plus facile d’agir contre des menaces connues, comme la guerre, que de répondre à une menace nouvelle et complexe comme le réchauffement climatique. Il insiste sur le fait que la lutte contre le réchauffement nécessite une politique internationale, car la France ne peut agir seule. Les accords internationaux, comme celui de Paris, ne suffisent pas à résoudre ce paradoxe de l’action collective.

Pottier critique également l’organisation du débat budgétaire, qui cloisonne la question écologique. Selon lui, la discussion sur le budget 2027 ne devrait pas se limiter à des choix sectoriels, mais devrait permettre de repenser l’organisation économique et sociale. Il estime que la contrainte budgétaire existe, mais qu’il est encore possible de réaliser les investissements nécessaires pour l’avenir.

Il conclut que l’enjeu principal est d’obtenir un compromis politique large et durable pour appliquer des orientations climatiques. Pottier souligne que, même si la question écologique est de plus en plus polarisante, il est essentiel d’atteindre un accord majoritaire pour garantir la continuité des politiques environnementales.

En somme, l’échec à agir sur le climat pourrait avoir des conséquences désastreuses, tant sur le plan environnemental qu’économique. Les détenteurs de capitaux, souvent perçus comme des bénéficiaires du statu quo, pourraient également souffrir des impacts du changement climatique.

Source : Alternatives Économiques

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