Anthropic met fin à des opérations de surveillance en Chine, en Iran et au Mali
L’entreprise américaine Anthropic a annoncé le 10 septembre 2026 avoir interrompu plusieurs opérations de surveillance ciblant des dissidents et des minorités ethniques, utilisant son assistant d’intelligence artificielle (IA) Claude. Ces incidents, qui ont été détectés et neutralisés entre janvier et juillet, provenaient de la Chine, de l’Iran et d’Afrique de l’Ouest, selon un rapport d’Anthropic.
Ces campagnes de surveillance « ont visé les mêmes communautés de la diaspora et les mêmes dissidents que ces régimes ciblent historiquement, notamment des figures prodémocratie à Hong Kong, les communautés tibétaines et du Falun Gong à travers l’Asie, ainsi que des minorités iraniennes et des opposants au régime iranien à l’étranger », précise le rapport.
Dans un cas, des acteurs iraniens ont développé un moyen d’identifier des individus à partir de leurs comptes sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, un prestataire travaillant pour les autorités de sécurité nationale du Mali a utilisé Claude « pour concevoir le logiciel sur lequel reposait la collecte de renseignements ».
Anthropic a également rapporté avoir déjoué des tentatives de concevoir des armes, de mener des recherches biologiques douteuses ou de créer de fausses applications de rencontre pour escroquer les utilisateurs.
L’entreprise de San Francisco accuse en outre les sociétés chinoises Moonshot et DeepSeek d’avoir utilisé Claude en secret pour répondre aux questions de leurs utilisateurs, tout en récupérant les résultats pour améliorer leurs propres modèles. Des développeurs chinois avaient déjà été accusés de pratiquer la « distillation » sans autorisation, aux dépens de laboratoires américains comme Anthropic et OpenAI.
Dans un cas, Moonshot a relayé près de 300 000 requêtes de clients à Anthropic sur une période de dix jours, via un réseau de 5 380 comptes frauduleux, principalement localisés à Singapour et au Japon. Une partie de ces données contenait des informations sensibles sur les utilisateurs, ce qui pourrait constituer une violation des règles de confidentialité.
Pour les recherches biologiques bloquées, les intentions des auteurs demeurent floues et le laboratoire n’a pas été identifié. Anthropic souligne que les personnes impliquées dans ces études sont des scientifiques en activité et qu’il n’est pas certain qu’elles aient eu l’intention de nuire. Identifier ces scientifiques ou leurs laboratoires pourrait les mettre en danger.
Ces travaux portaient sur des sujets tels que le virus du chikungunya, une souche « hautement pathogène » de la grippe aviaire, ainsi que sur des virus liés à la variole et au mpox, et d’autres toxines.
Source : La Croix
