Projet Panama : Anthropic détruit en secret des millions de livres pour entraîner son IA
Un document interne d’Anthropic, révélé dans des pièces judiciaires, a dévoilé une initiative controversée, désignée sous le nom de « projet Panama », visant à numériser de manière destructive tous les livres du monde. Ce projet a impliqué la découpe de livres, dont des œuvres littéraires précieuses, pour en extraire le contenu numérique, utilisé ensuite pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle (IA) comme le chatbot Claude.
Selon les documents, le projet a débuté début 2024, lorsque les dirigeants d’Anthropic ont cherché à acquérir des livres non disponibles en ligne pour améliorer la qualité de l’écriture de leur IA. L’entreprise a acheté des dizaines de milliers de livres auprès de revendeurs tels que Better World Books et World of Books, puis a sous-traité le processus de numérisation à un prestataire.
Les livres, une fois numérisés, étaient réduits en déchets et envoyés à des usines de recyclage. Les dirigeants d’Anthropic pensaient que cette approche permettrait de lutter contre l’ »effondrement » des modèles d’IA, qui se produit lorsque ces derniers s’entraînent sur des textes de mauvaise qualité.
En juin 2021, le cofondateur d’Anthropic, Ben Mann, a été documenté en train de télécharger des livres protégés par le droit d’auteur depuis une « bibliothèque de l’ombre » appelée LibGen. Des poursuites ont été engagées contre Anthropic par un groupe d’auteurs, affirmant que l’entreprise avait utilisé illégalement leurs œuvres pour entraîner son IA.
En août 2023, Anthropic a accepté de verser 1,5 milliard de dollars pour régler cette affaire, un montant qui représente le plus important dédommagement connu pour violation du droit d’auteur dans l’histoire. Ce règlement pourrait avoir des répercussions sur d’autres entreprises d’IA, telles que Meta, OpenAI, Google et Microsoft, également poursuivies pour des accusations similaires.
L’affaire soulève des questions fondamentales sur la propriété intellectuelle et la valeur culturelle des œuvres littéraires à l’ère de l’intelligence artificielle.
Source : Washington Post


