Anthropic rattrapée par la loi : 1,5 milliard de dollars à verser à des milliers d’auteurs
Les dirigeants d’Anthropic ont récemment été confrontés à une situation délicate. Le 22 juillet, AMD a annoncé un investissement de 5 milliards de dollars dans l’entreprise, accompagné de la mise en place de 2 gigawatts de puces pour l’entraînement de ses modèles. Cependant, cette bonne nouvelle a été assombrie par la décision d’une juge fédérale de San Francisco, rendue deux jours plus tôt. Pour entraîner son chatbot Claude, l’entreprise a utilisé des livres piratés, entraînant une condamnation à verser 1,5 milliard de dollars en compensation aux auteurs concernés.
Cette sanction était anticipée, car Anthropic était sous le coup d’une menace juridique depuis 2024. À cette époque, la romancière Andrea Bartz et d’autres auteurs avaient intenté une action en justice contre l’entreprise, l’accusant d’avoir téléchargé plus de sept millions de livres à partir de bibliothèques numériques clandestines, telles que Library Genesis et Pirate Library Mirror, pour constituer une base d’entraînement sans rémunérer les auteurs.
Le cœur de cette affaire repose sur le concept de « fair use », un principe du droit américain qui permet l’utilisation d’œuvres protégées sous certaines conditions. En juin 2025, le juge William Alsup avait estimé que l’entraînement de Claude respectait ce cadre, mais avait également jugé que le téléchargement et le stockage de ces livres piratés constituaient un piratage caractérisé. Les sanctions pour de tels actes peuvent atteindre 150 000 dollars par ouvrage contrefait.
Anthropic a donc choisi de signer un accord à l’amiable pour éviter un procès, prévu en décembre 2025. La juge Araceli Martínez-Olguín a validé cet accord, malgré les objections d’auteurs qui le jugeaient insuffisant. Les 1,5 milliard de dollars seront répartis entre les ayants droit de plus de 482 000 ouvrages reconnus comme piratés, chaque titre donnant droit à une part d’environ 3 000 dollars après déduction des frais de justice.
Cet accord a été qualifié par l’avocat des plaignants, Justin Nelson, de « plus grosse indemnisation pour violation de droits d’auteur de l’histoire ». Cependant, bien que cela représente une somme importante, la décision ne crée pas de jurisprudence, laissant d’autres entreprises de l’IA, comme OpenAI et Google, à gérer leurs propres litiges.
Source : Presse Citron
