Anthropic accuse Alibaba de copier l'IA Claude : les détails

Anthropic accuse des opérateurs liés à Alibaba d’avoir massivement interrogé Claude via des milliers de comptes afin d’en reproduire certaines capacités, rapporte notamment Reuters le 24 juin 2026.

Anthropic, qui vient de couper l’accès à ses modèles Fable 5 et Claude Mythos après une directive américaine, se retrouve plongée dans un nouveau bras de fer. Cette fois, la firme américaine est confrontée à un acteur majeur de la technologie chinoise : Alibaba (Taobao, Tmall, AliExpress, Alibaba Cloud, Qwen…).

Dans une lettre adressée à deux sénateurs américains, Anthropic accuse le géant du commerce électronique d’avoir extrait « illicitement » les capacités de son modèle d’IA Claude. Selon un article publié par Reuters le 24 juin 2026, l’objectif était d’atteindre le niveau de Mythos Preview, l’un de ses modèles les plus puissants.

Anthropic accuse Alibaba d’avoir utilisé 25 000 comptes frauduleux

Anthropic affirme qu’Alibaba a mené une opération de « distillation », une méthode consistant à utiliser les réponses d’un modèle performant pour entraîner un autre système à imiter ses comportements.

Dans son courrier adressé début juin, la société pointe du doigt des opérateurs supposément liés à Qwen, le laboratoire d’IA d’Alibaba. Selon cette lettre, près de 25 000 comptes frauduleux auraient été créés pour interroger massivement Claude entre le 22 avril et le 5 juin 2026. Anthropic a recensé plus de 28,8 millions d’échanges durant cette période de six semaines.

La start-up qualifie cette affaire de « plus grande attaque de distillation connue » contre Claude, estimant que l’opération visait ses systèmes les plus avancés, qui ne sont pas officiellement proposés à des clients chinois, afin d’accélérer le développement des modèles Qwen.

Chaque requête pouvait sembler, prise isolément, être une utilisation normale de l’API. Cependant, le volume et la coordination de ces requêtes ont alerté Anthropic : des millions de prompts structurés, répartis sur des dizaines de milliers de comptes, ont été envoyés en quelques semaines.

Bien qu’Anthropic ne précise pas comment elle a identifié cette campagne, elle affirme avoir relié ces comptes à un même « essaim » d’activité attribué à des opérateurs affiliés à Alibaba et à son laboratoire d’IA Qwen.

Une nouvelle accusation après DeepSeek, Moonshot et MiniMax

L’affaire Alibaba s’inscrit dans un contexte déjà tendu. Depuis le début de l’année, Anthropic a accusé plusieurs laboratoires chinois de mener des campagnes similaires visant Claude. La start-up a notamment mis en cause DeepSeek, Moonshot et MiniMax pour avoir utilisé des milliers de comptes et des millions de requêtes afin de récupérer des réponses pour l’entraînement de modèles concurrents.

Dans ces précédents cas, le schéma était similaire : création de comptes en masse, envoi de requêtes automatisées sur des sujets variés, et réutilisation présumée des résultats. Selon Anthropic, Alibaba aurait porté cette méthode à une échelle encore plus grande.

Ces accusations suggèrent un scénario plus large : plutôt que de voler directement les poids des modèles américains, certains acteurs exploiteraient les API publiques comme des sources de données, plus accessibles mais plus difficiles à contrôler.

En portant cette affaire devant le Sénat et la Maison-Blanche, Anthropic cherche à la faire passer pour un enjeu de sécurité nationale, tout comme les semi-conducteurs ou les équipements réseau.

Cette démarche se déroule dans un contexte où les États-Unis renforcent les restrictions à l’exportation des technologies d’IA avancées. La suspension de Fable 5 et de Claude Mythos pour certains ressortissants étrangers, suite à une directive gouvernementale, illustre cette nouvelle politique.

Le climat politique ajoute à cette tension, Alibaba ayant récemment été classé par le Pentagone parmi les entreprises chinoises proches de l’appareil militaire, une qualification que la société conteste.

Source : Reuters

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