L’acétamipride sous le feu des critiques après l’adoption de la loi d’urgence agricole

En Lot-et-Garonne, la polémique persiste suite à l’adoption de la loi d’urgence agricole, qui autorise l’usage dérogatoire de substances controversées comme l’acétamipride et le flupyradifurone. Annie Messina, médecin pédiatre, militante écologiste et vice-présidente du conseil départemental, a exprimé ses préoccupations sur les réseaux sociaux, ciblant particulièrement Hélène Laporte, députée RN du Lot-et-Garonne, qui a soutenu le texte en raison de son impact sur les producteurs de noisettes.

Le 21 juillet, le Parlement a voté la loi d’urgence agricole, permettant, sous conditions strictes et sur avis de l’Anses, l’utilisation d’acétamipride et de flupyradifurone. Annie Messina a qualifié ce vote de « vote pour le cancer » sur sa page Facebook, provoquant des réactions vives de la part des députés concernés.

« Pour permettre enfin à nos producteurs de noisettes lot-et-garonnais de sortir d’une impasse »

Hélène Laporte a justifié son soutien en soulignant que le texte n’est pas la solution à tous les problèmes agricoles, mais qu’il offre des avancées significatives. Elle a insisté sur la nécessité d’autoriser temporairement l’utilisation de ces produits pour certaines cultures sans alternatives, tout en rappelant qu’ils sont déjà utilisés dans plusieurs pays européens.

En réponse, Annie Messina a critiqué l’Anses, affirmant qu’elle ne pourrait pas évaluer correctement les risques sanitaires dans le délai imposé par la loi, qui devrait être d’au moins un an.

« Vos maîtres des lobbys agro-industriels et de la chimie »

Messina a réaffirmé sa position selon laquelle l’acétamipride et d’autres pesticides représentent un danger pour la santé publique. Elle a cité des organisations scientifiques, dont l’Inserm et le CNRS, qui se sont opposées à l’utilisation des néonicotinoïdes en raison des risques associés.

Elle a également dénoncé le modèle agricole défendu par les lobbys agro-industriels, arguant qu’il ne répond pas aux véritables besoins des agriculteurs, qui continuent de souffrir de revenus insuffisants.

En conclusion, elle a accusé Hélène Laporte d’être « la députée du Cancer », soulignant son vote contre le financement de la recherche sur les cancers pédiatriques, qui a augmenté de 40 % ces dernières décennies.

Source : La Dépêche

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