Si on refuse le stockage de l’eau, on condamne notre agriculture
La Bretagne fait face à une crise agricole sans précédent, aggravée par une canicule qui a touché particulièrement l’élevage. Les derniers bilans révèlent des pertes significatives pour les agriculteurs de la région. L’État a dû prendre en charge l’enfouissement de 4 466 tonnes de volailles et de 1 568 tonnes de porcs, tandis que la production végétale a également subi de lourdes pertes : jusqu’à 30 % sur le maïs, 20 % en arboriculture, et jusqu’à 50 % dans certaines productions maraîchères. Ces chiffres illustrent la difficulté et la douleur que vivent les agriculteurs, qui se retrouvent en cellule de crise permanente.
Pour faire face à cette situation, des mes ont été mises en place, notamment des prêts de trésorerie permettant aux éleveurs d’acquérir rapidement des systèmes de ventilation et de brumisation. La nécessité d’adapter l’agriculture aux nouvelles conditions climatiques est devenue une priorité. Les experts soulignent l’importance d’orienter davantage les agriculteurs vers des assurances et d’explorer des techniques scientifiques pour améliorer la rétention d’eau des sols et développer des cultures plus résistantes aux aléas climatiques.
Dans le cadre de la loi d’urgence agricole, les sénateurs ont adopté une version très différente de celle de l’Assemblée nationale concernant le stockage de l’eau. Alors que la France est le pays le plus pluvieux d’Europe, elle figure parmi ceux qui irriguent le moins. Les experts alertent sur le fait que le refus de stocker l’eau pourrait condamner l’agriculture et la sécurité alimentaire du pays. Une attention particulière est également portée sur la qualité de l’eau, avec des propositions visant à protéger les aires de captage.
Il reste à voir si un compromis pourra être trouvé entre les différentes versions de la loi, car les agriculteurs ont un besoin urgent de mes adaptées pour faire face à cette crise. La situation actuelle souligne l’importance cruciale du stockage de l’eau pour l’avenir de l’agriculture en Bretagne et au-delà.
(Source : Le Télégramme)