La « panique démographique » : un appel à la réflexion féministe
Dans son dernier ouvrage, à paraître en librairies le 16 avril, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, aborde le phénomène de la baisse démographique sous un angle féministe. Elle met en lumière ce qu’elle appelle un « paradoxe patriarcal de la reproduction », soulignant que la décision des femmes de faire moins d’enfants peut être interprétée comme une forme de protestation silencieuse contre des conditions de vie insatisfaisantes.
La baisse du taux de fécondité en France, qui est tombé à 1,83 enfant par femme en 2021 selon l’INSEE, soulève des inquiétudes quant à l’avenir démographique. Mailfert refuse cependant d’accepter l’instrumentalisation réactionnaire de cette tendance, qui est souvent utilisée pour inciter à des politiques natalistes. Elle appelle à une lecture qui dépasse les stéréotypes et interroge les véritables raisons derrière cette baisse.
Les données récentes montrent que la France a enregistré une baisse continue du nombre de naissances, avec 740 000 naissances en 2021, contre 770 000 en 2020. Cette tendance s’inscrit dans un contexte européen où plusieurs pays, comme l’Italie et l’Espagne, connaissent des taux de natalité historiquement bas.
Mailfert insiste sur le fait que ces choix des femmes sont souvent le résultat de pressions sociales et économiques, et non d’un simple désir de ne pas avoir d’enfants. Elle appelle donc à repenser les politiques publiques pour créer des conditions propices à l’accueil de la vie, plutôt que de stigmatiser les choix des femmes.
Cette approche vise à enrichir le débat sur la démographie en intégrant une perspective féministe et en mettant en avant les enjeux sociétaux qui influencent les décisions reproductives.
Source : Anne-Cécile Mailfert, Fondation des femmes.
