Un regard alternatif sur la Lune
Andrea Orejanera présente son œuvre I love you like the moon, qui mêle création visuelle, images d’archive, autoportraits et photographies d’amies. L’artiste explore les phases lunaires, les marées, ainsi que des éléments naturels comme les animaux nocturnes et les fleurs pollinisées. Cette approche vise à créer une errance intuitive, en s’éloignant des rapports de domination, notamment ceux liés à la conquête spatiale, souvent associée à une course à la domination masculine durant les guerres. Orejanera déclare : « J’y apporte un contrepoint féminin. »
L’artiste remet en question l’idée préconçue que la photographie est un médium principalement forgé par des hommes. Elle évoque une interview de Dayanita Singh, où cette dernière se remémore ses débuts à l’International Center of Photography à New York, un environnement qu’elle décrit comme un « boys club » où il fallait s’intégrer pour être acceptée.
Loin des carcans du male gaze
Andrea Orejanera choisit de s’émanciper des normes traditionnelles. Dans son univers artistique, les corps, l’espace et les minéraux s’entrelacent, permettant aux femmes d’exister tant individuellement qu’en communauté. Les horizons de son travail semblent se courber ou se mouvoir, créant une atmosphère de transe, où le mouvement évoque une chorégraphie. Elle souligne : « Ce sont mes amies qui m’inspirent : j’ai dansé avec beaucoup d’entre elles et je suis particulièrement sensible à la manière dont les gens s’expriment en bougeant. »
Cette sensibilité, qui va au-delà du visible, est au cœur de son exploration artistique, s’inscrivant dans un voyage spatial, féministe et mystique, loin des carcans du male gaze.
Source : Article sur Andrea Orejanera.