Le club de football kurde d’Amedspor peut-il aider à la réconciliation en Turquie ?
L’arrivée du club d’Amedspor dans la première division turque, la Süper Lig, marque un tournant historique pour la communauté kurde en Turquie. Basé à Diyarbakir, considéré comme la « capitale » des Kurdes, Amedspor a suscité un engouement au-delà de ses fidèles supporteurs, touchant une large partie de la minorité kurde.
Amedspor, dont le nom est dérivé de la désignation kurde de la ville, n’a jamais caché son identité ethnique. En janvier, le club a été sanctionné par la Fédération de Turquie de football pour avoir diffusé une vidéo montrant des femmes se tressant les cheveux dans les tribunes, en réponse à une vidéo virale d’un djihadiste syrien exhibant la natte d’une combattante kurde syrienne décédée.
Son entrée en Süper Lig a été accueillie avec appréhension, les supporters nationalistes turcs ayant l’habitude de s’en prendre à ceux d’Amedspor lors des matches à l’extérieur. Cette situation est d’autant plus délicate que la Turquie est engagée dans un processus de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Lors de son deuxième match de la saison, le 24 août, contre Kocaelispor, les joueurs et supporters d’Amedspor ont été confrontés à des provocations, avec des sacs jaunes brandis dans les tribunes adverses, symbolisant les sacs mortuaires utilisés par l’armée turque pour les guérilleros du PKK.
La situation actuelle souligne les tensions persistantes dans le pays et la manière dont le sport peut parfois servir de plateforme pour des débats sociopolitiques. La question demeure de savoir si l’ascension d’Amedspor en Süper Lig pourra contribuer à une réconciliation plus large en Turquie.
Source : Courrier International.

