Un bus ici ? Ce serait de l’argent gaspillé
Dans le petit village d’Allons, situé dans les Alpes-de-Haute-Provence, une initiative innovante a été mise en place pour répondre aux défis de mobilité des habitants. La commune a investi dans une voiture électrique partagée, permettant aux résidents de l’utiliser à tour de rôle, un choix qui se veut à la fois économique et écologique.
Cécile Capuani, l’une des utilisatrices régulières, témoigne : « Quand j’ai le choix, je préfère la voiture électrique, c’est moins cher, plus confortable et on n’a pas le souci de faire le gasoil ». Depuis un an et demi, cette Peugeot 208 blanche est devenue essentielle pour les 166 habitants du village, surtout dans un contexte où les options de transport public sont limitées.
La gare la plus proche se trouve à cinq kilomètres, et le seul minibus qui dessert la commune est dédié au ramassage scolaire, avec seulement deux passages par jour. Le maire, Christophe Iacobbi, souligne que ce service est insuffisant et s’inquiète d’un éventuel désengagement des services publics, qui pourrait avoir un impact négatif sur la vie du village.
Pour pallier ce manque, la mairie s’est inspirée du système Autolib’ de Paris pour créer une solution de mobilité adaptée à sa population. Les habitants peuvent réserver la voiture pour une demi-journée ou une journée, à des tarifs variant entre 6,5 et 9 euros, avec un coût additionnel de 6 centimes par kilomètre. L’investissement initial pour la commune a été d’environ 10 000 euros, financé à 80 % par le Fonds vert de l’État.
En 2025, les charges liées à ce service ont représenté 4 500 euros, contre 1 700 euros de recettes. « L’idée, ce n’est pas d’être rentable, mais de ne pas perdre trop d’argent », précise Iacobbi. Il est également à noter que le changement climatique est une préoccupation majeure pour le maire, qui a installé des panneaux solaires sur la mairie pour alimenter la borne de recharge du véhicule.
Malgré des réticences initiales concernant l’utilisation d’un véhicule électrique, la formule d’autopartage a trouvé son public. Environ une trentaine d’habitants sont désormais inscrits au service, et le véhicule est fréquemment réservé. Un incident marquant a même eu lieu l’automne dernier lorsque la voiture a été volée, provoquant une réaction forte de la communauté, qui a alors affirmé : « On nous a volé notre voiture ! ».
Ce système de partage de véhicule pourrait représenter une solution viable pour d’autres communes de taille similaire, où les options de transport public sont limitées. Toutefois, des experts soulignent qu’il est essentiel d’évaluer l’usage réel de l’autopartage pour en mer l’impact socio-économique.
Cette initiative à Allons illustre comment des solutions locales peuvent contribuer à réduire les consommations et agir face à l’urgence climatique, tout en répondant aux besoins de mobilité des habitants.
Source : Franceinfo
