Aliments ultra-transformés : peut-on devenir dépendant ?

Aliments ultra-transformés : peut-on devenir dépendant ?

Biscuits, sodas, chips, céréales sucrées… Ces aliments ultra-transformés sont particulièrement addictifs. À tel point que beaucoup de personnes ont déjà eu l’impression de ne plus pouvoir s’arrêter après avoir ouvert un paquet. Mais s’agit-il d’une véritable dépendance ?

Les aliments ultra-transformés sont des produits industriels qui contiennent de nombreux ingrédients peu ou pas utilisés en cuisine (arômes, émulsifiants, colorants, édulcorants.), selon la classification NOVA. Ils sont conçus pour être très appétissants, en associant des quantités élevées de sucre, de sel et de graisses, avec des textures qui facilitent une consommation rapide.

Cette combinaison stimule fortement le circuit de la récompense dans le cerveau. Lorsqu’on les consomme, celui-ci libère de la dopamine, un neurotransmetteur associé au plaisir et à la motivation. Ce mécanisme est normal et intervient aussi avec d’autres activités agréables. Cependant, des aliments très riches en sucre et en graisses peuvent entraîner une envie de recommencer, surtout lorsqu’ils sont consommés fréquemment.

Une étude internationale publiée en 2023 a montré qu’environ 14 % des adultes et 12 % des enfants présentent des comportements compatibles avec une addiction aux aliments ultra-transformés : perte de contrôle, envies irrépressibles, consommation malgré les conséquences ou difficulté à réduire leur consommation.

Pour autant, les scientifiques restent prudents. Contrairement à l’alcool ou au tabac, aucun aliment ne contient une substance reconnue comme directement addictive. C’est davantage la combinaison des ingrédients, leur transformation industrielle et leur capacité à stimuler les mécanismes cérébraux de la récompense qui expliqueraient ces comportements.

L’environnement joue également un rôle majeur. Ces produits sont omniprésents, peu coûteux, abondamment promus et faciles à consommer à tout moment. Cette disponibilité permanente favorise le grignotage et peut renforcer les habitudes alimentaires.

Les chercheurs s’accordent donc sur un point : même si le débat se poursuit sur le terme de « dépendance », les aliments ultra-transformés sont capables de favoriser une consommation excessive et répétée. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils sont aujourd’hui associés à un risque accru d’obésité, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires lorsqu’ils occupent une place importante dans l’alimentation.

Source : La Dépêche.

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