Algues vertes : L’État de nouveau condamné pour son inaction, la Bretagne en attente de réparations
Les algues vertes ont fait leur retour en masse dans la baie de Saint-Brieuc, bien avant le début officiel de l’été. Favorisées par des températures élevées et un hiver peu tempétueux, ces algues s’accumulent sur les plages des Côtes-d’Armor depuis plusieurs jours. La question se pose : l’État français agit-il suffisamment pour combattre ce phénomène qui pollue la région depuis des décennies ? Selon un pré-rapport révélé par Ouest-France, la réponse est négative.
Ce mardi, la cour d’appel de Nantes a de nouveau condamné l’État pour son inaction, l’enjoignant à agir rapidement pour réparer le préjudice écologique causé, notamment en réduisant significativement le surplus de déversement d’azote dans les eaux de la baie de Saint-Brieuc.
La cour a ordonné au préfet des Côtes-d’Armor de prendre des mes dans un délai de six mois pour éviter l’aggravation des dommages. Elle a également demandé l’établissement d’une réglementation stricte pour contrôler la concentration d’azote dans les eaux superficielles, avec un accent particulier sur les grandes installations agricoles.
En première instance, l’association Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre avait déjà remporté une victoire similaire, encourageant ses membres à poursuivre leur lutte contre l’agriculture intensive. André Ollivro, un militant de longue date, a souligné que la problématique des algues vertes est également une question de santé publique, liée à la qualité de l’eau.
Un rapport de la Cour des comptes, attendu pour début juillet, devrait confirmer que la prolifération des algues vertes est directement liée à des concentrations excessives de nitrates dans les cours d’eau, provenant à plus de 90 % de l’activité agricole. Bien que certaines baies montrent des améliorations, d’autres souffrent toujours de stagnation des échouages.
Par ailleurs, les vasières, souvent inaccessibles, compliquent le ramassage des algues, ce qui nécessite une action proactive pour réduire les niveaux de nitrates dans tous les cours d’eau. Le défi est immense, d’autant plus face aux pressions du lobby agricole.
Source : Ouest-France, 20 Minutes
