Cadmium : « Ceux qui votent contre la loi votent pour la mort »
Après le décès de sa mère d’un cancer fulgurant du pancréas en décembre 2025, Alexandre Roussel, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), s’engage dans un combat politique et médiatique contre les polluants environnementaux, notamment le cadmium. Ce métal lourd, présent dans certains engrais, est responsable de la contamination de nos céréales et légumes.
Pour l’équipe médicale ayant suivi sa mère, les pesticides et la pollution environnementale sont directement liés à son cancer. « Face à la fatalité des facteurs externes, on peut choisir d’accepter ou de refuser. Pour ma part, je refuse d’accepter », affirme Roussel.
En quelques mois, il a publié un nombre record d’études scientifiques sur les effets du cadmium sur la santé. Bien que reconnu comme cancérogène depuis 1993, les politiques publiques n’ont pas évolué. « Le cadmium est un véritable scandale sanitaire, connu depuis plus de trente ans », déplore-t-il.
Des alertes ont été lancées, notamment par l’Anses, qui a publié une enquête en 2026, mais l’ampleur du phénomène a souvent été minimisée. Alexandre Roussel insiste sur la nécessité de rendre visibles les conséquences des décisions politiques sur la santé publique. « Ceux qui votent contre la loi sur le cadmium votent pour la mort », déclare-t-il, soulignant la radicalité de son engagement.
Le 3 juin, une proposition de loi visant à réduire l’exposition au cadmium a été adoptée à l’Assemblée nationale. « C’est une première victoire », commente-t-il, tout en soulignant que le cadmium n’est qu’une facette d’un problème plus vaste : la lutte contre les polluants.
Sur le plan sanitaire, Roussel prévoit un « raz-de-marée » de cancers liés aux pesticides et autres polluants, avec une multiplication par plus de quatre des cas de cancers du pancréas en France au cours des trente dernières années.
Cet engagement citoyen s’inscrit dans une réflexion plus large sur le concept de « polycrise », où les crises environnementales, sanitaires et économiques se chevauchent et impactent le système de sécurité sociale et la dette publique.
Source : La Dépêche