« Pixels de suivi » : pourquoi tant d’alertes dans nos boîtes mails ces derniers jours ?

Pourquoi tant d’alertes dans nos boîtes mails ces derniers jours ?

Depuis quelques jours, de nombreux internautes ont constaté une augmentation significative des messages dans leur boîte mail, souvent accompagnés de la mention : « Nous vous informons de l’utilisation de pixels de suivi dans nos communications par e-mail. » Cette situation concerne divers expéditeurs, notamment des banques, des associations, des administrations et des médias.

Les pixels de suivi, de minuscules fichiers invisibles intégrés dans le corps des courriels, permettent aux expéditeurs de savoir quand un message a été ouvert. En ouvrant un e-mail, la messagerie demande cette image, ce qui informe l’expéditeur de l’heure et de la date d’ouverture, de l’appareil utilisé, et parfois même de la localisation approximative à partir de l’adresse IP. Cependant, ces pixels n’ont pas accès au contenu des autres messages ni à l’ensemble de la messagerie.

Cette recrudescence de messages est le résultat d’une recommandation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) publiée le 14 avril dernier. Cette recommandation a clarifié les pratiques concernant les traceurs, qui étaient jusqu’alors peu réglementés. La Cnil a précisé que l’ajout de pixels de suivi est acceptable dans certains cas, tels que pour sécuriser une authentification ou pour des courriels transactionnels (confirmations de commande, réinitialisations de mot de passe, etc.). En revanche, lorsque ces pixels sont utilisés pour personnaliser le contenu ou cibler l’internaute à des fins publicitaires, un consentement préalable est requis.

Les entreprises avaient jusqu’au 14 juillet pour se conformer à ces nouvelles directives, d’où l’afflux récent de messages. Bien qu’aucune sanction immédiate ne soit prévue pour celles qui ne respectent pas ces exigences, la Cnil insiste sur l’importance d’un consentement « libre, éclairé et aussi facile à refuser qu’à accepter ». Les organismes doivent donc clairement expliquer les finalités de l’utilisation des pixels avant de demander l’accord des utilisateurs.

La plupart des courriels envoyés récemment stipulent que l’absence de réponse équivaut à une acceptation tacite des pixels de suivi. Toutefois, il est possible de refuser ces pixels sans que cela n’impacte l’accès aux services associés. De plus, la plupart des services de messagerie bloquent par défaut le chargement automatique des images, ce qui limite l’efficacité de ces traceurs.

Cette mise en conformité s’inscrit dans un cadre plus large de protection des données personnelles, qui a été renforcé au niveau européen avec la réglementation sur les cookies. La messagerie électronique, longtemps laissée de côté, est désormais intégrée dans les efforts visant à garantir la transparence des pratiques numériques.

Source : La Croix

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