Ajaccio : Une plaque controversée rend hommage à des membres de l’OAS
À Ajaccio, une plaque commémorative rend hommage à quatre figures de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS), reconnue comme terroriste par l’État français. Installée vraisemblablement entre 2000 et 2003, la mairie et la préfecture affirment n’avoir jamais eu connaissance de son existence.
Ce monument, situé sur le grand site de la Parata, à proximité de la chapelle Saint-Antoine, est un petit obélisque surmonté d’une croix et orné de plusieurs plaques. La première plaque, datée de 1982, est dédiée aux « Français d’Algérie de toutes confessions, morts et inhumés sur leur terre natale ». Une seconde plaque, non datée, honore les « fusillés, patriotes résistants et disparus, tombés pour que vive la France en Algérie ». La plaque controversée, quant à elle, mentionne uniquement les noms de Jean-Bastien Thiry, Roger Degueldre, Albert Dovecar et Claude Piegts, tous condamnés à mort et fusillés entre 1962 et 1963.
Jean-Bastien Thiry, dernier condamné à mort exécuté en France, avait orchestré l’attentat du Petit Clamart en 1962, visant le général Charles De Gaulle. Roger Degueldre, quant à lui, était le fondateur des commandos Delta, responsables de nombreux attentats. Dovecar et Piegts ont également été exécutés pour leurs activités au sein de l’OAS.
La plaque aurait été installée par des membres de l’Adimad, une association fondée pour défendre les anciens de l’OAS. Des tentatives similaires d’ériger des plaques ont été constatées ailleurs, notamment à Marignane et Béziers, souvent confrontées à des interdictions pour des raisons de sécurité publique.
Aucune cérémonie officielle n’a jamais été organisée sur ce site par la préfecture, qui souligne ne pas avoir connaissance de la plaque. Les cérémonies commémoratives officielles se tiennent habituellement au mémorial corse AFN, situé à proximité. La mairie d’Ajaccio a également indiqué qu’elle n’était pas au courant de la plaque et que celle-ci ne fait pas partie des stèles référencées pour des commémorations officielles.
À l’heure actuelle, l’avenir de cette plaque demeure incertain. La mairie a précisé que toute décision nécessiterait une consultation des acteurs concernés, compte tenu de la gravité des références inscrites.
Source : Radio France – Marion Galland
