Aires protégées : des projets, des consultations, mais peu de réponses

Aires protégées : des projets, des consultations, mais peu de réponses

« C’est difficile de savoir où on en est », déclare Thibaut Quinchon, président de l’organisme Les Ami.e.s de la biodiversité du Crique-à-David, en évoquant le projet de parc naturel du Crique-à-David, dans Lanaudière. Ce projet fait partie des 43 propositions soumises dans la région en 2024 suite à l’appel du gouvernement du Québec pour protéger 30 % du territoire provincial d’ici 2030. Au total, plus de 500 projets ont été soumis à travers le Québec.

Le projet vise à protéger 2 700 hectares de terres publiques situées au nord des municipalités de Saint-Damien et de Sainte-Émélie-de-l’Énergie. Ces terres, parmi les dernières de la région non incluses dans une pourvoirie ou une réserve faunique, abritent des forêts anciennes et un pin blanc, potentiellement l’un des plus vieux de son espèce, suscitant un intérêt croissant parmi les chercheurs.

L’appui à cette initiative semble solide dans les municipalités concernées, soutenue par une mobilisation citoyenne. Une collecte de fonds récente a permis de recueillir 10 500 $ via le site La Ruche, somme qui sera doublée par la plateforme de sociofinancement.

Pour avancer, le projet doit obtenir l’aval de la municipalité régionale de comté (MRC) de Matawinie, qui représente 70 % du territoire de Lanaudière et a reçu plus de la moitié des propositions d’aires protégées. Isabelle Perreault, la préfète de la MRC, précise que toutes les propositions ont été acceptées, soulignant que le temps imparti pour étudier ces projets a été jugé trop court.

Les projets ont fait l’objet de consultations régionales, qui se sont étalées sur un an et demi. Camille Éthier, chargée de projet pour les concertations sur les aires protégées, indique que l’objectif était d’émerger un consensus sur la délimitation et le statut de protection des territoires. Une dernière rencontre est prévue en septembre pour finaliser un scénario régional de conservation qui sera soumis au gouvernement en novembre.

Cependant, des enjeux subsistent, notamment avec l’industrie forestière. Éthier souligne que le projet a suscité des discussions avec divers acteurs, mais la nature des retours reste encore confidentielle. Quinchon, de son côté, s’inquiète des projets d’éoliennes en cours au Québec, tout en restant optimiste quant à l’avenir du projet.

Pierre Charbonneau, maire de Saint-Damien, soutient également l’initiative, tout en exprimant des préoccupations concernant les droits de coupe déjà accordés à l’industrie forestière sur le territoire. Au printemps dernier, la ministre de l’Environnement, Pascale Déry, a émis des réserves sur la possibilité de protéger 30 % du territoire québécois d’ici 2030, la province protégeant actuellement environ 18 % de son territoire.

La préservation de 30 % des terres et des océans est l’objectif phare de l’accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité, signé à Montréal en 2022.

Source : Radio-Canada

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