Réduction du télétravail chez Airbus : des tensions croissantes parmi les salariés
Chez Airbus, la décision de réduire le télétravail suscite un mécontentement croissant parmi les employés. La CGT a appelé à un débrayage ce jeudi, marquant la troisième semaine consécutive de mobilisation. Cette initiative intervient alors que la direction prévoit de réorganiser le travail dès septembre.
Dans une lettre interne datée du 9 juin, le PDG Guillaume Faury a annoncé la fin des deux jours de télétravail hebdomadaire, imposant un retour à un seul jour par semaine. L’objectif affiché est clair : « Avoir une présence sur site de quatre jours par semaine à partir de septembre », ciblant spécifiquement les salariés des fonctions tertiaires.
Guillaume Faury a reconnu la complexité du sujet, précisant que « nous sommes une entreprise industrielle qui fabrique des biens physiques qui ne peuvent pas être produits à domicile ». Il a souligné l’importance de la créativité et de la réflexion collective, estimant qu’elles sont optimales lorsque les employés sont réunis physiquement.
Les réactions des salariés ont été immédiates, avec des syndicats évoquant une « résistance » et une « colère » face à cette décision. Un accord d’entreprise signé en 2024, valable jusqu’en 2028, permettait jusqu’à deux jours de télétravail par semaine. La CGT, quatrième syndicat représentatif, a organisé des débrayages, dont un premier rassemblement a attiré une centaine de participants le 25 juin.
Pour Patrice Thébault, coordinateur CGT, la contestation est nette : « La me ne passe pas. Les gens sont en colère, ils ont organisé leur vie autour de cette modalité de travail ». D’autres syndicats, comme FO, reconnaissent également les résistances, surtout pour ceux vivant loin des sites de travail.
Le dossier sera discuté lors du comité d’entreprise européen du groupe le 7 juillet. La coordinatrice de la CFE-CGC a souligné que toutes les situations ne doivent pas être traitées de la même manière, avertissant contre un retour à un modèle de présentéisme qui pourrait nuire à l’attractivité de l’entreprise.
Source : 20 Minutes
