Airbus : «Le successeur de l’A320neo sera le vrai avion du futur» En Bourse, du potentiel ? Le Loup de Zurich

Le successeur de l’A320neo sera le vrai avion du futur

La fin du projet SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), en collaboration avec Dassault Aviation, est perçue comme une opportunité stratégique pour Airbus, selon James D. Touati, consultant et président-fondateur de The Nest. Après des mois de tensions, le gouvernement allemand a mis un terme au projet, laissant Paris prendre acte. Les deux entreprises ne pourront pas construire ensemble l’avion de chasse de 2040.

Pour Airbus, cette situation est considérée comme une chance de se recentrer sur ses compétences clés en aviation commerciale, notamment sur l’A320, l’A330, l’A350 et surtout le successeur de l’A320neo. Guillaume Faury, le PDG d’Airbus, a souligné que le véritable enjeu industriel réside dans le développement d’un monocouloir de nouvelle génération, plutôt que dans le projet SCAF.

Le lancement du successeur de l’A320neo

Le successeur de l’A320neo est prévu pour être lancé vers 2030. James D. Touati a décrit ce projet comme une « évolution pragmatique », soulignant quatre axes d’innovation déjà en discussion :

  1. Motorisation open fan : Un système avec un taux de dilution de 60, contre 16 actuellement, permettant de réduire la consommation de carburant et le bruit.
  2. Ailes allongées : Des ailes de 50 mètres, repliables et avec des bords d’attaque actionnables pour améliorer la portance et réduire la consommation.
  3. Matériaux composites : Utilisation de composites de carbone, plus légers et plus robustes que le métal.
  4. Ailerons déformables : Ailerons adaptatifs qui optimisent les performances en continu selon les phases de vol.

Touati précise que cet avion n’est pas destiné à être un « vaisseau » futuriste. L’objectif est d’atteindre une réduction de 20 % de la consommation de carburant d’ici 2037-2038.

L’hydrogène et la stratégie d’Airbus

Concernant l’hydrogène, Airbus a choisi une approche réaliste. Bien qu’un avion à hydrogène opérationnel ait été annoncé pour 2035, le calendrier a été repoussé à 2040-2045 en raison de plusieurs obstacles : l’absence de cadre réglementaire, le coût élevé de l’hydrogène décarboné et le manque d’infrastructures aéroportuaires adaptées. Airbus continue de tester et de préparer la distribution de cette technologie sans faire de promesses irréalistes.

Conséquences pour le marché

La cessation du projet SCAF permet à Airbus de se libérer d’un chantier lourd et politiquement sensible. L’entreprise n’a pas besoin de Dassault Aviation pour maintenir sa position dominante sur le marché des avions civils. L’enjeu principal est de rester le leader mondial du moyen-courrier, en répondant à une demande croissante pour des avions plus économes en carburant et silencieux.

Airbus ne cherche plus à développer un « avion du futur » digne d’un film de science-fiction, mais un modèle pratique et viable qui s’intègre dans les aéroports réels.

Source : Capital

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