Airbnb et plateformes de location : des tarifs déstabilisent le secteur hôtelier.

Des tarifs impossibles à suivre

Les hôtels ont connu une fréquentation en léger recul dans le Loiret en 2025. Dans le même temps, les locations de courte durée proposées sur Airbnb et les autres plateformes ont continué de progresser. Une concurrence qui s’installe durablement dans le paysage touristique, notamment à Orléans.

Pour passer une nuit à Orléans, un week-end dans le Loiret ou quelques jours pour visiter les châteaux de la Loire, les touristes ont désormais l’embarras du choix. Une chambre d’hôtel classique, un appartement avec cuisine, une maison entière… Les plateformes de location, notamment Airbnb, proposent un large panel de logements.

Les chiffres du bilan touristique 2025 de Tourisme Loiret montrent que cette nouvelle offre continue de progresser. « Au premier trimestre 2026, on observe une hausse de 6 % des locations sur les plateformes », note Pierre-Alain Roiron, président du comité régional de tourisme Centre-Val de Loire et sénateur d’Indre-et-Loire.

Sur les neuf premiers mois de 2025, les hôtels du Loiret ont enregistré 1,018 million de nuitées, soit environ 1,4 % de moins qu’en 2024. Une tendance qui se confirme en 2026. « En ce qui concerne mon établissement, on accuse une baisse de fréquentation de 10 % par rapport à l’année dernière à la même période », déclare Ondine Jalerat, propriétaire de l’hôtel Marguerite, dans le centre-ville d’Orléans. « Une partie de notre clientèle nous échappe », constate-t-elle.

Selon l’agence Tourisme Loiret, le taux d’occupation moyen des hôtels en 2025 atteint 56,5 % entre janvier et octobre, en baisse de 0,6 point sur un an. Dans le même temps, les locations de meublés proposées sur les plateformes continuent de progresser. À la fin octobre, 4 642 meublés étaient actifs en moyenne chaque mois dans le Loiret, un volume presque stable par rapport à 2024, mais leur fréquentation augmente : 494 549 nuitées ont été réservées sur les dix premiers mois de 2025, soit une progression de 4 %.

Autrement dit, le nombre de logements proposés ne progresse presque plus, mais ils sont davantage utilisés. « Il y a de plus en plus d’offres à des tarifs qui sont impossibles à suivre, à des tarifs qui sont tellement bas que pour nous hôteliers, ce n’est pas possible de contrer », se désole Ondine Jalerat. Elle ajoute : « À l’origine, les Airbnb partaient d’un principe intéressant… La pluralité des hébergements, c’est toujours bien, mais là, nous sommes face à une concurrence très importante, et en termes de qualité parfois dramatique. »

Si les prix sont majoritairement moins élevés que dans les hôtels, la qualité des services n’est pas toujours au rendez-vous. « On a beaucoup de mauvais retours de clients Airbnb. Parfois, les clients des plateformes ne sont pas satisfaits du logement dans lequel ils se sont retrouvés, soit parce qu’il est insalubre, soit parce qu’il est bruyant, soit parce qu’il ne ressemble pas à la photo », énumère Ondine Jalerat.

Une autre inquiétude pour les hôteliers est le rayonnement de la région, qui peut pâtir des mauvaises expériences de clients des plateformes. « L’image que renvoient ces Airbnb n’est pas du tout maîtrisée, pas du tout contrôlée », déplore Ondine Jalerat. « Nous, les hôteliers, essayons de mettre en valeur notre région, on se donne du mal pour proposer de beaux établissements qui sont bien tenus, qui ont chacun leur identité, leur charme, et qui privilégient les circuits courts. »

L’un des atouts des plateformes est leur capacité à proposer des logements très différents de l’offre hôtelière. Pour une famille, un appartement avec plusieurs chambres et une cuisine peut être plus pratique qu’une ou plusieurs chambres d’hôtel. « C’est aussi et surtout un problème global de pouvoir d’achat en forte baisse », rappelle Pierre-Alain Roiron. « Pour une famille, une nuit dans un appartement loué ou dans un hôtel peut varier du simple au double. »

Avec près de 4 650 logements actifs chaque mois, les plateformes sont désormais durablement installées dans le paysage touristique loirétain. Pour les touristes, cette multiplication des offres signifie davantage de choix. Pour les professionnels de l’hôtellerie, elle constitue en revanche une concurrence supplémentaire dans un marché où la fréquentation n’est pas toujours au rendez-vous.

Source : Tourisme Loiret.

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