25 ans après le 11 septembre : la vérité sur l’air toxique de Ground Zero
Vingt-cinq ans après les attentats contre le World Trade Center, la ville de New York a rendu publiques des centaines de milliers de pages d’archives sur la pollution de l’air autour de Ground Zero. Ces documents révèlent l’ampleur des contaminations à l’amiante et à d’autres substances cancérogènes, et relancent les accusations contre des autorités qui auraient minimisé, voire dissimulé, les risques sanitaires.
Les images emblématiques du 11 septembre 2001 montrent des New-Yorkais couverts de poussière, de fumée et de cendres après l’effondrement des tours. Marcy Borders, surnommée la « Dust Lady », est devenue un symbole de cette tragédie.
170 000 pages de documents rendues publiques
Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé la mise en ligne de 170 000 pages de documents jusqu’ici difficiles d’accès concernant la qualité de l’air après les attentats et la gestion de la catastrophe par les autorités. Ce n’est qu’une première vague, d’autres archives étant prévues pour les douze mois à venir sur un portail financé à hauteur de 34 millions de dollars. Ces documents proviennent notamment du département municipal de la Protection de l’environnement et des archives de l’administration de Rudy Giuliani.
Cette initiative vise à répondre à une question cruciale : que savait la ville de New York sur la toxicité de l’air autour de Ground Zero, et quand ?
Des mensonges et de l’amiante presque partout
Mamdani a affirmé que des personnes sont tombées malades parce que les dirigeants leur ont menti en affirmant que l’air était respirable. Des documents révèlent des discussions sur les risques sanitaires et la responsabilité juridique dès l’administration Giuliani, ainsi que des inquiétudes exprimées à l’administration de Michael Bloomberg.
L’amiante, retrouvée « presque partout » selon la mairie, est au cœur de ces archives. Des niveaux élevés d’amiante et d’autres substances cancérigènes, tels que le benzène, étaient connus des responsables municipaux. Des contrôles ont même révélé la présence d’amiante dans un immeuble proche de Ground Zero dix mois après les attentats.
Peut-être plus de 10 000 décès
La pollution n’a pas été limitée à l’immense nuage provoqué par l’effondrement des tours. Pendant des semaines et des mois, poussières et particules se sont déposées dans les rues et les habitations de Lower Manhattan. Le bilan collectif est alarmant : aux 2 977 personnes décédées le jour des attentats s’ajoutent plus de 9 400 victimes mortes de maladies liées à leur exposition au 11-Septembre, et certains responsables évoquent désormais plus de 10 000 décès. Les maladies provoquées par les substances toxiques ont tué plusieurs fois plus que les attaques elles-mêmes.
Accès à un fonds d’indemnisation
Les pompiers, policiers et sauveteurs ne sont pas les seuls concernés. Des ouvriers, employés de bureaux, habitants et élèves ont également été exposés. Les nouvelles archives pourraient servir de preuve pour faciliter l’accès au fonds fédéral d’indemnisation des victimes.
Cette publication résulte d’une longue bataille judiciaire menée par l’association 9/11 Health Watch. Mamdani a promis de ne presque rien occulter, sauf pour des informations personnelles et des données sensibles.
Un quart de siècle après les attentats, le « Never Forget » américain prend une autre signification : il s’agit désormais de se souvenir non seulement des 2 977 morts du 11 septembre, mais aussi de ceux qui ont été tués à petit feu par ce qu’ils ont respiré ce jour-là et dans les mois suivants.
Source : AFP

