Aides coupées, projets à l’arrêt, décrochage technologique. comment cette filière du futur sur laquelle misait Albi est aujourd’hui au point mort

Aides coupées, projets à l’arrêt : la filière hydrogène d’Albi au point mort

Depuis dix ans, Albi s’est engagée à devenir l’un des centres névralgiques de la filière hydrogène en France, notamment à travers son projet Albility. Cependant, la majorité des acteurs du secteur s’accordent à dire que ce projet est aujourd’hui à l’arrêt, principalement en raison de décisions politiques nationales.

« La filière hydrogène, aujourd’hui, c’est la mer. », déclare un acteur local. Après des débuts prometteurs et de nombreux projets initiés, la tendance s’est inversée depuis deux ans. La Safra, qui avait conçu un bus à hydrogène innovant, se détourne désormais de cette technologie. « Il y a un ralentissement significatif dans le développement de nouveaux projets, notamment pour l’hydrogène vert », observe Marc Lambec, d’ERM.

Les formateurs partagent ce constat. « C’est compliqué aujourd’hui, mais ces formations seront utiles à l’avenir », confie une formatrice. Au lycée Rascol, tous les BTS et bacs professionnels incluent une mention hydrogène, mais aucun étudiant n’est actuellement employé dans cette filière.

La filière rencontre plusieurs défis, notamment un manque de clients. L’hydrogène reste rare et coûteux. « Économiquement, cela ne fait pas sens, ce n’est pas rentable », explique un concepteur. Un transporteur n’a pas d’incitation à investir dans des camions à hydrogène, étant donné le coût élevé et l’absence de stations-service.

De plus, la France manque de grands industriels pour soutenir le développement et la production d’hydrogène vert, essentiel pour réduire les coûts actuels.

« Cela va faire des dégâts »

Les acteurs locaux estiment qu’un soutien des pouvoirs publics est crucial pour relancer la filière. Cependant, depuis le changement de gouvernement il y a deux ans, l’hydrogène semble négligé. « L’État n’a pas renouvelé ses aides ni proposé de nouvelles subventions. Il faut s’attendre à une attente d’au moins trois ans », déplore Marc Lambec.

Malgré ces difficultés, certains restent optimistes. « Dans dix ans, la situation sera débloquée », prévoit une formatrice. Les acteurs reconnaissent que l’hydrogène fait partie des solutions décarbonées, surtout dans le secteur de la mobilité lourde, où il présente des avantages en termes d’autonomie par rapport aux batteries.

Cependant, la France accuse un retard technologique, notamment face à la Chine. « L’écart se creuse, et cela représente un danger », avertit un acteur du secteur. Pour faire face aux crises énergétiques, la France doit retrouver sa souveraineté énergétique, ce qui nécessite une volonté politique forte, soutenue par des industriels.

Source : La Dépêche

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