Agriculture et changement climatique : « Sortons des dogmatismes pour bâtir des projets écologiquement cohérents »

Agriculture et changement climatique : « Sortons des dogmatismes pour bâtir des projets écologiquement cohérents »

Entre canicules inédites et sécheresses, le changement climatique est aujourd’hui bien visible et contraint à repenser nos cultures agricoles. En Bretagne, cette réalité se fait particulièrement ressentir. Les agriculteurs doivent faire face à des phénomènes tels que le stress hydrique, qui correspond au manque d’eau, et le stress thermique, qui arrête la physiologie des plantes. Ces conditions difficiles obligent certaines cultures sensibles à migrer vers le nord, alors même que la Bretagne, bien que potentiellement bénéficiaire d’une diversification en arboriculture, n’est pas épargnée par le réchauffement climatique. Des épisodes de chaleur dépassant les 40 °C et des vents forts créent des chocs thermiques inédits, rendant la problématique du manque d’eau récurrente encore plus centrale.

La question du stockage de l’eau suscite des débats passionnés en Bretagne. La France est divisée entre ceux qui s’opposent à des solutions comme les mégabassines et ceux qui plaident pour une agriculture plus durable. Les opposants à ces infrastructures soulignent le non-sens de construire de telles installations dans des zones susceptibles de s’assécher. Toutefois, des solutions alternatives comme le stockage souterrain pourraient permettre de gérer l’eau de manière plus efficace, en établissant des vases communicants entre territoires.

Le réchauffement climatique, bien qu’inquiétant, ouvre également de nouvelles perspectives. La Bretagne pourrait développer une arboriculture fruitière, bien que la production d’abricots reste incertaine. L’adaptation des cultures nécessitera une approche intégrée, reposant sur trois piliers : une agronomie rigoureuse, une génétique adaptée, et un accès sécurisé à l’irrigation.

L’élevage bovin, pilier de l’agriculture bretonne, est fortement dépendant du maïs, une culture gourmande en eau. Pour s’adapter à la raréfaction de la ressource, il est essentiel de diversifier l’alimentation des animaux, même si cela implique une baisse de la productivité, avec des rendements prévus entre 6 000 et 8 000 litres de lait par vache par an, contre 9 000 à 11 000 litres pour les systèmes actuels.

En matière de pratiques agricoles, il est crucial de prendre soin des sols. Un sol couvert peut afficher des températures jusqu’à 25 °C inférieures à celles d’un sol nu, ce qui est essentiel pour maintenir les cycles de carbone et d’eau. Enfin, l’augmentation de la matière organique dans le sol peut permettre de stocker davantage d’eau, offrant ainsi un répit aux cultures face au dessèchement.

Source : Le Télégramme

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