Des systèmes beaucoup plus intensifs, beaucoup plus capitalistiques : pourquoi l’agriculture espagnole s’exporte si bien
L’agriculture espagnole connaît un essor remarquable, devenant le premier exportateur européen de fruits et légumes. En 2025, l’Espagne affichera une balance commerciale positive de 17 milliards d’euros, contrastant avec la France, qui devrait enregistrer un déficit de 373 millions d’euros.
Cette performance s’explique par des secteurs spécifiques tels que les tomates, les poivrons et l’élevage porcin. Vincent Chatellier, économiste à l’INRAE, souligne que l’Espagne a su capitaliser sur la hausse des prix internationaux et bénéficie d’une diversité de modèles agricoles, allant de l’agriculture familiale à des systèmes très intensifs et capitalistiques.
Un exemple emblématique de cette intensification est la province d’Almería, où 35 000 hectares de serres sont consacrés à la production intensive. Cependant, ce modèle soulève des préoccupations environnementales, car 80% des réserves d’eau du pays sont utilisées par l’agriculture, notamment dans des régions touchées par des sécheresses croissantes.
José Luis Gabriel, ingénieur agronome à l’INIA, indique que les zones les plus intensives se trouvent sur la côte méditerranéenne, où les précipitations sont rares. Il évoque des efforts pour adapter l’agriculture aux nouvelles conditions climatiques, bien que des limites apparaissent quant à la durabilité du système.
Les défis sont donc nombreux, notamment la pression sur les ressources en eau, rendant le modèle agricole espagnol, bien que performant, plus vulnérable qu’il n’y paraît.
Source : Franceinfo
