Fumier déversé, colère et demande d’ « année blanche » : à Vesoul, les agriculteurs protestent contre un plan jugé « insuffisant »
Une soixantaine d’agriculteurs en colère ont manifesté mardi 8 septembre au soir à Vesoul, déversant du fumier devant la préfecture de Haute-Saône à l’appel du syndicat FNSEA. Jugeant le plan d’aide du gouvernement « insuffisant » après la sécheresse, ils réclament une « année blanche » pour soulager leur trésorerie.
Cette manifestation, marquée par des tracteurs illuminant la nuit, visait à protester contre une loi d’urgence agricole qualifiée d' »insuffisante » et « décevante » après les canicules de l’été. À 20h, six engins agricoles se sont dirigés vers la préfecture, où des bennes de fumier ont été déversées, accompagnées de maïs endommagés par les sangliers.
Arnaud Grandidier, président de la FDSEA 70, a exprimé son mécontentement en déclarant : « Aujourd’hui, vous savez qu’on a eu les annonces du gouvernement, ce soi-disant grand plan extraordinaire à 1 milliard d’euros. Or, ce ne sont pas des mes exceptionnelles. » Il a ajouté que les pertes des fermes françaises dépassent les 10 milliards d’euros, tandis que le plan gouvernemental ne représente qu’un milliard, jugé largement insuffisant.
Les agriculteurs estiment que le montant alloué à la Haute-Saône pourrait être compris entre 500 000 et 700 000 euros, soit environ 350 euros par exploitation, ce qui est jugé très insuffisant. Leur principale revendication est une « année blanche », c’est-à-dire le report des prêts pendant 12 mois, ne payant que les intérêts, afin d’améliorer leur trésorerie.
La sécheresse exceptionnelle de l’été 2026 a eu des conséquences graves, entraînant un manque de fourrage et des récoltes perdues. Certains agriculteurs pourraient être contraints de se séparer d’animaux. Grandidier a souligné l’impact psychologique de la situation, affirmant qu’il ne veut pas avoir la responsabilité de tragédies liées à la détresse des agriculteurs.
Les prochaines interventions de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, seront suivies de près par les agriculteurs, qui espèrent de nouvelles mes pour améliorer leur situation financière. « Si on n’a rien, on continuera à protester, » a-t-on entendu lors du rassemblement.
Source : France Télévisions

