On en a marre d’être empoisonné : mobilisation contre la loi urgence agricole

Plusieurs organisations agricoles et défenseurs de l’environnement se réunissent ce samedi 18 juillet place Stanislas à Nancy pour protester contre la loi urgence agricole. Cette mobilisation, qui s’inscrit dans un mouvement national, vise à contester un texte qui sera soumis à un ultime vote ce lundi à l’Assemblée nationale et ce mardi au Sénat.

Carine Lentretien de Générations Futures 54, une association de défense de l’environnement, déclare : « On veut leur montrer qu’on est toujours là. » L’association avait déjà manifesté l’année précédente aux côtés des agriculteurs contre la loi Duplomb.

Des organisations telles que la Confédération paysanne, Bio en Grand Est et Les Maraîchers Lorrains, ainsi que la Ligue de protection des oiseaux (LPO), se sont rassemblées à partir de 16 heures. Le projet de loi, critiqué pour son partage des ressources en eau et la réintroduction de pesticides interdits comme l’acétamipride, doit être soumis au vote parlementaire en début de semaine. Les organisations mobilisées estiment que ce texte « n’apportera pas les solutions dont le monde agricole a besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique ».

Claire Dufour, maraîchère bio et membre de la Confédération paysanne, évoque les défis auxquels les agriculteurs font face : « Nous agriculteurs, on s’est pris trois canicules et la sécheresse. On porte des revendications depuis des années et on a des solutions. » Elle critique le soutien à l’agro-industrie au détriment des pratiques durables.

Carine Lentretien exprime le ras-le-bol des citoyens face à l’usage de pesticides : « On en a marre d’être empoisonné, d’être malade, de ne pas manger des produits de qualité. » Elle souligne également que l’utilisation de pesticides interdits engendrera des coûts pour la dépollution des eaux et la sécurité sociale en raison des maladies causées par ces produits.

La LPO, également présente, s’inquiète des conséquences de cette loi sur la biodiversité. Jean-Yves Moitrot, président de la LPO, souligne que 80 % des insectes ont disparu et que les effectifs d’oiseaux ont chuté de 30 % au cours des 20 dernières années. Selon lui, le texte accorde une protection insuffisante aux zones humides, dont 50 % ont disparu depuis la seconde moitié du XXe siècle.

Le collectif d’associations invite les citoyens à venir s’informer ce samedi de 16 heures à 18 heures. Ils appellent les députés à revoir leur copie afin de soutenir « les systèmes agricoles vertueux ».

Source : France 3 Régions.

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