Agrandissement en vue pour le refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles
Les tortues, les ouaouarons et les kayakistes peuvent se réjouir : le refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles devrait bientôt s’agrandir considérablement.
« On n’a jamais été aussi près de conclure quelque chose », déclare Anaïs Boutin, directrice générale d’Éco-Nature et du parc de la Rivière-des-Mille-Îles. Dans un contexte d’élections à venir, des questions se posent : le projet sera-t-il retardé ou lancé ? Boutin espère voir le refuge annoncé en 2026, sinon en 2027.
Le ministère québécois de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a déjà consulté 27 organismes, y compris des municipalités et des communautés autochtones. La prochaine étape consistera à délimiter le territoire choisi, signer des protocoles et publier un arrêté ministériel.
Actuellement, la réserve faunique couvre 26 hectares, comprenant 10 îles appartenant à Rosemère, Laval et Éco-Nature. L’île Garth est une réserve écologique, qui bénéficie d’un statut de protection élevé. Boutin souligne que « c’est une cloche de verre où on ne peut pas faire grand-chose, alors qu’une réserve faunique permet une certaine mise en valeur. »
Éco-Nature a étudié les milieux naturels le long de la rivière, entre le barrage des Deux-Montagnes et le secteur de Lachenaie, à Terrebonne, sur une distance de 42 kilomètres. Selon Boutin, il est possible de transformer des terrains peu intéressants pour la biodiversité en milieux riches grâce à des aménagements et de la restauration d’habitat. Cela pourrait créer un corridor écologique le long de la rivière.
En tenant compte des autres types d’aires protégées, le refuge pourrait atteindre près de 1000 hectares. À l’heure actuelle, le territoire abrite 86 espèces à statut précaire, et Boutin affirme qu’il y a près de deux tiers de la faune vertébrée du Québec observable sur la rivière des Mille Îles.
La parc n’a pas attendu l’agrandissement pour ouvrir de nouveaux centres de location à Deux-Montagnes, Saint-Eustache et Boisbriand afin de mieux desservir la rive nord. Boutin précise que cela permettra de visiter des sections moins connues de la rivière.
Récemment, le gouvernement du Québec a annoncé une aide financière de 100 000 $ à Éco-Nature pour avancer dans le projet d’agrandissement. Toutefois, Boutin souligne que les besoins sont bien plus importants, affirmant qu’un soutien additionnel sera nécessaire pour atteindre les 1000 hectares d’aires protégées.
Source : Éco-Nature et le ministère québécois de l’Environnement.

