Afrique du Sud : 70 ans après la marche de Pretoria, les droits des femmes noires restent très fragiles
Ce dimanche 9 août 2026, l’Afrique du Sud commémore les 70 ans de la marche des femmes de Pretoria. En 1956, plus de 20 000 Sud-Africaines, issues de différentes communautés, s’étaient rassemblées devant la présidence pour braver le régime et protester contre les lois de l’apartheid, notamment le laissez-passer qui limitait les déplacements des populations noires. Aujourd’hui, le mois d’août est reconnu comme le « mois des femmes » dans le pays. Cependant, les avancées sont contrastées et les femmes noires demeurent l’un des groupes les plus vulnérables de la société.
Depuis la fin de l’apartheid en 1994, les Sud-Africaines ont bénéficié de certaines avancées en matière de droits. Toutefois, elles sont confrontées à un niveau alarmant de violences de genre. L’État a qualifié ce fléau de « catastrophe nationale » l’année dernière. Fatima Shaik, à la tête de l’ONG People Opposing Women Abuse (Powa), souligne que malgré les lois protectrices, la réalité est préoccupante : le pays connaît un des taux de viols les plus élevés au monde, et une femme est tuée toutes les trois heures.
Sur le plan de la justice sociale, l’association Black Sash, fondée par des femmes blanches un an avant la marche de 1956, poursuit son combat. Kgothatso Sibanda, membre de l’association, indique qu’il est crucial de mettre en place un salaire de base universel pour permettre aux femmes de faire leurs propres choix, notamment en matière de relations abusives. Malgré les politiques de discrimination positive, les femmes noires continuent de subir un chômage disproportionné, selon les chiffres officiels.
Source : RFI



