Afrique du Sud : d’anciens manifestants du massacre de Sharpeville lancent une action en justice
Dans le township de Sharpeville, en Afrique du Sud, le souvenir du massacre de 1960 reste vivace. Ce jour-là, la police avait ouvert le feu sur des manifestants pacifiques qui s’opposaient à la loi de l’apartheid exigeant un passeport intérieur. Au moins 69 personnes ont perdu la vie, avec des estimations suggérant un bilan encore plus lourd.
Soixante-six ans après ces événements tragiques, un groupe de plaignants, composé actuellement de trois personnes, dont un survivant de 87 ans blessé par balle, ainsi que deux enfants de victimes, se tourne vers les tribunaux pour obtenir justice. Selon leurs avocats, plus de 70 autres personnes ont manifesté leur intérêt pour rejoindre cette action collective, sous réserve de son acceptation par la Haute Cour du Gauteng.
Cette démarche vise à contraindre l’État sud-africain à abroger une loi adoptée un an après le massacre, qui protégeait les agents des forces de l’ordre de toute responsabilité liée à ce drame. Cela ouvrirait la voie à d’éventuelles poursuites contre des responsables encore en vie et permettrait de demander des compensations supérieures à celles déjà obtenues.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large, où les victimes de l’apartheid revendiquent vérité et réparation. Une commission d’enquête examine également les raisons pour lesquelles de tels dossiers ont été négligés pendant des décennies.
Le gouvernement sud-africain n’a pas encore pris position sur cette affaire. Toutefois, lors d’un discours en hommage à une autre victime de l’apartheid, le président Cyril Ramaphosa a reconnu, le 3 septembre, que le travail de justice transitionnelle n’est pas achevé, affirmant que « sans justice, il ne peut y avoir de paix ».
Source : RFI

