Afghanistan : cinq ans après le retour au pouvoir des talibans, les femmes toujours plus exclues de la société
Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan le 15 août 2021, les femmes ont été reléguées au rang de citoyennes de seconde zone. Malgré les promesses d’égalité, les nouveaux dirigeants du pays leur ont ôté toute liberté. Cinq ans plus tard, la situation continue de se détériorer.
Le 15 août 2021, les talibans entrent dans Kaboul, moins d’un an après la signature de l’accord de Doha avec l’administration Trump, qui officialisait le retrait des troupes américaines. Deux jours plus tard, le porte-parole du nouveau gouvernement, Zabihullah Mujahid, promet une ère de changement et as que les droits des femmes seront respectés. Cependant, cinq ans après, les témoignages d’organisations de défense des droits humains révèlent un constat alarmant : les Afghanes se sont vu retirer presque tous leurs droits.
« Effacées de l’espace public »
Un médecin afghan, joint à Jalalabad, déclare que « lorsque les talibans ont pris le pouvoir, neuf des dix lois qu’ils ont créées concernaient les femmes ». L’appareil législatif taliban s’est progressivement étoffé pour restreindre les libertés des femmes. Selon un rapport d’Amnesty International, les femmes ont été « effacées de l’espace public et réduites au silence ». Les restrictions incluent l’interdiction d’accéder à l’éducation après l’âge de 12 ans, de travailler dans des organisations internationales ou de jouir de la liberté de circulation et d’expression.
À Kaboul, les femmes ne peuvent se rendre que dans les magasins ou marchés, et leur liberté se limite à ces lieux. Un médecin témoigne que ses sœurs, ayant étudié jusqu’à la sixième, sont désormais confinées à la maison, contraintes de porter un voile intégral.
Exilées, mais pas sans voix
De nombreuses femmes ont choisi de quitter le pays dès le retour des talibans, anticipant la répression qui allait suivre. Parmi elles, la poétesse Hoda Khamosh, qui a trouvé refuge en Norvège après avoir subi la violence des talibans. Hoda a fondé le Mouvement des femmes pour la justice afin de porter la voix des exilées et des Afghanes dont l’avenir est désormais contrôlé par le régime taliban.
Malgré les difficultés, les militantes continuent de partager les histoires des femmes afghanes à travers des messages anonymes sur les réseaux sociaux et des réunions en ligne. Hoda Khamosh insiste : « Nous n’arrêtons jamais. »
Conclusion
Cinq ans après le retour des talibans, la situation des femmes en Afghanistan est marquée par une exclusion systématique et des violations des droits fondamentaux. Les promesses de changement faites par le régime semblent s’être évanouies, laissant place à un quotidien de répression et de silence.
Source : RFI



