Afghanistan : 3,7 millions de jeunes enfants exposés à un risque accru de malnutrition

Afghanistan : 3,7 millions de jeunes enfants exposés à un risque accru de malnutrition

Les chiffres révèlent une situation alarmante en Afghanistan. Dans un rapport publié lundi, l’agence des Nations Unies pour l’enfance, UNICEF, estime que près de 50 % des enfants afghans de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance, et plus de 10 % d’entre eux sont atteints d’émaciation, la forme la plus sévère de malnutrition.

À chaque saison de disette, la situation devient plus préoccupante. Pendant la saison de soudure, la proportion d’enfants confrontés à une insécurité alimentaire modérée augmente de 34 % à 38 %, tandis que les cas les plus graves passent de 7 % à 9 %. Ces chiffres constituent des signaux d’alerte pour l’UNICEF, qui appelle à des interventions rapides avant que les conséquences ne deviennent irréversibles. Dr Tajudeen Oyewale, représentant de l’agence en Afghanistan, souligne que « les jeunes enfants sont de plus en plus exposés à la malnutrition avant même le début de la saison de pic ».

L’étude menée par l’UNICEF est la première à croiser les indicateurs de malnutrition avec l’expérience quotidienne d’insécurité alimentaire, incluant la diminution de la diversité alimentaire et les repas sautés. La publication intervient alors que le pays entre dans la période de pic de la malnutrition aiguë, qui s’étend de juillet à septembre. Les données récentes indiquent une aggravation de la situation dans 26 des 34 provinces.

Les enfants de moins de deux ans sont les plus touchés, représentant 83 % des cas de malnutrition sévère et 77 % des cas de malnutrition aiguë modérée. Les jeunes enfants âgés de 6 à 23 mois sont particulièrement vulnérables, avec 39 % d’insécurité alimentaire modérée et 9 % d’insécurité alimentaire sévère pendant la saison de disette.

L’UNICEF alerte également sur le fait qu’environ 90 % des jeunes enfants vivent dans la pauvreté alimentaire, ne consommant qu’un ou deux groupes d’aliments par jour, bien en deçà des besoins nutritionnels pour une croissance saine. Les enfants issus de foyers en situation d’insécurité alimentaire sévère courent jusqu’à six fois plus de risques de souffrir d’émaciation.

Face à cette crise, l’UNICEF appelle à un soutien accru des bailleurs pour financer des interventions préventives, notamment pour les enfants de 6 à 23 mois. La crise dépasse le seul enjeu alimentaire, englobant également des épidémies, un faible accès à l’eau potable et à l’assainissement, ainsi que des pénuries de financements. L’agence plaide pour une réponse coordonnée associant nutrition, santé, eau et assainissement, éducation et protection sociale.

Source : UNICEF.

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