Affaire Martinez Zogo : De nouveaux indices incriminent l’ex-patron des renseignements
Au Cameroun, l’affaire Martinez Zogo, qui concerne l’animateur de radio retrouvé mort en janvier 2023, connaît un nouveau développement. Le 31 août, le colonel Otoulou, principal enquêteur et commandant de la légion de gendarmerie de la région du Centre, a déclaré que plusieurs éléments laissaient penser que Maxime Eko Eko, alors directeur de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), était informé de l’opération qui a conduit à l’assassinat du journaliste.
Parmi ces éléments, le colonel a mentionné la déclaration de Maxime Eko Eko, qui avait orienté les enquêteurs vers l’homme d’affaires Amougou Belinga, l’un des principaux accusés. De plus, durant la période entre l’enlèvement de Zogo et le signalement de sa disparition, le service de renseignement n’a ouvert aucune enquête interne jusqu’à l’arrestation de Justin Danwe, directeur des opérations à la DGRE à l’époque des faits.
Le colonel Otoulou a également évoqué un rapport d’expertise indiquant que Maxime Eko Eko n’avait remis que trois téléphones sur les dix qu’il affirmait posséder, certains ayant cessé de fonctionner après l’arrestation de Justin Danwe. Ces éléments sont jugés suffisants par la partie civile pour attirer l’attention du tribunal. « Tout ceci constitue des indices qui tendent à conclure qu’il était forcément au courant », a déclaré Maître Calvin Job.
Les avocats de Maxime Eko Eko, en revanche, soutiennent qu’il n’existe aucune preuve tangible établissant qu’il ait donné l’ordre de l’opération. « Il n’a jamais, n’a jamais été au courant », a affirmé Maître Hosanna Ndjana Ndjana.
Retour sur l’affaire Martinez Zogo
Le 22 janvier 2023, les Camerounais ont appris la découverte du corps de Martinez Zogo, animateur d’une émission de radio populaire à Yaoundé, enlevé le 17 janvier. Son corps, retrouvé nu à environ 25 kilomètres de la capitale, portait des traces de sévices.
L’enquête a conduit à la mise en examen de 17 personnes, dont des membres de la DGRE et des hommes d’affaires, pour des accusations d’assassinat, torture, enlèvement et séquestration. Le procès, qui a débuté le 25 mars 2024, a vu les débats sur le fond commencer le 1er septembre 2025.
Source : RFI

