Affaire Lyhanna : un deuxième rapport dénonce des « délais manifestement excessifs » et un « manque de moyens » d’enquête
Un rapport d’inspection, rendu public début juillet, révèle des lacunes dans l’enquête concernant des accusations de viol sur mineure à l’encontre de Jérôme Barella, à Béthune (Pas-de-Calais). Ce rapport, dont l’AFP a eu connaissance le 16 juillet, souligne que l’enquête a souffert d’un manque de ressources et a été marquée par des délais excessifs.
La mère de la victime, âgée de 9 ans, avait alerté les autorités en octobre 2022, signalant un viol survenu deux ans auparavant. L’Inspection générale de la Justice (IGJ) note que, bien que certaines actions d’enquête aient été menées rapidement, l’audition de la victime n’a pas respecté les recommandations ministérielles en raison de l’insuffisance des moyens disponibles au commissariat de Béthune à l’époque.
Les inspecteurs mettent également en avant que l’examen psychologique de la victime a été confié à un professionnel non inscrit sur la liste des experts, ce qui a été corroboré par une pénurie d’experts dans la région. Le rapport critique la méthodologie employée, qui semble davantage viser à évaluer la crédibilité de l’enfant, une approche proscrite depuis 2005 suite à l’affaire d’Outreau.
Le parquet de Béthune a finalement transféré le dossier au tribunal d’Auch, mais des complications administratives ont conduit à un délai de dix mois avant qu’un nouveau service d’enquête ne soit désigné. Les inspecteurs notent qu’un classement sans suite a été prononcé le 5 juin 2024, basé sur un compte rendu téléphonique, une pratique qu’ils jugent à revoir pour les affaires de viol sur mineur.
Ce rapport met en lumière des insuffisances dans le traitement des affaires de viols sur mineurs, notamment en raison d’une charge de travail excessive pour les magistrats et d’une organisation des parquets qui semble inadaptée.
Source : AFP
