Affaire Lyhanna : le tribunal de Lille réorganise le traitement des infractions sexuelles sur mineurs
Depuis l’affaire Lyhanna et ses révélations sur les dysfonctionnements de la justice, le traitement des infractions sexuelles commises sur mineurs fait l’objet de vives critiques. Le tribunal de Lille (Nord) a mis en place de nouvelles modalités d’organisation pour tenter de remédier à ces défaillances.
L’affaire Lyhanna a mis en lumière une série de manquements dans le traitement des plaintes concernant le principal suspect, Jérôme Barella, qui avait déjà été visé par deux plaintes pour viol et agression sexuelle avant la disparition de la jeune fille. Ce père de famille n’a cependant jamais été interpellé ni entendu par les autorités.
Pour éviter de nouveaux manquements, le parquet de Lille a instauré, depuis le 9 juin, une nouvelle organisation au sein de son tribunal. Cette réorganisation concerne principalement la section des mineurs et de la famille, qui comprend neuf magistrats et deux attachés de justice, ainsi que des policiers spécialisés.
Dans un premier temps, une évaluation des procédures de viols, agressions et atteintes sexuelles sur mineurs en cours d’enquête a été réalisée. Au 1er juin, 1 648 affaires de violences sexuelles étaient en cours, dont 740 dans la circonscription de Lille. Le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, a indiqué que des brigades composées d’un magistrat, d’une directrice de greffe, d’un attaché de justice et d’un officier de police judiciaire examinent chaque dossier pour établir des niveaux de priorité de traitement.
Un nouveau système de priorisation a été introduit, ajoutant un critère de dangerosité du mis en cause en plus de l’urgence à protéger la victime. Ce système, déjà appliqué dans le cadre des violences conjugales, vise à améliorer le traitement des dossiers de violences sexuelles faites aux mineurs. Une priorité numérotée de 1 à 4 a été instaurée pour déterminer la temporalité de traitement des dossiers, allant d’immédiate à six mois. À ce jour, 378 dossiers ont été examinés, dont 56 classés en priorité 4 et 31 sans suite.
Un nouvel accueil dédié aux mineurs victimes ayant déjà déposé plainte a également été mis en place, avec l’aide d’une association d’aide aux victimes. Des permanences sont organisées au bureau d’aide aux victimes du tribunal judiciaire de Lille les mercredis et vendredis après-midi. Le parquet a précisé que toutes les victimes seraient « progressivement contactées » au fur et à me du triage des procédures.
Au cours de la semaine précédente, douze placements en garde à vue ont été effectués, menant à l’ouverture de quatre informations judiciaires et trois comparutions à délai différé.
Source : France 3 Régions.
