Affaire Lyhanna : qu’est-ce que le NCMEC, l’organisme américain qui avait signalé le suspect ?

Affaire Lyhanna : Qu’est-ce que le NCMEC, l’organisme américain qui a signalé le suspect ?

De nouveaux éléments ont émergé concernant la mort de la petite Lyhanna, retrouvée sans vie début juin. Selon des informations du Monde, le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), un organisme américain de référence dans la lutte contre la pédocriminalité, avait plusieurs fois alerté les autorités françaises au sujet du principal suspect, Jérôme B.

Créé aux États-Unis en 1984 en réponse à des cas d’enlèvements d’enfants, le NCMEC est principalement financé par le département de la Justice des États-Unis. L’organisme affirme avoir contribué à retrouver plus de 480 000 enfants disparus depuis sa création.

Chaque année, le NCMEC reçoit des millions de signalements concernant des contenus d’abus sexuels sur mineurs via sa plateforme CyberTipline. Michelle DeLaune, vice-présidente senior et Chief Operating Officer du NCMEC, a déclaré que le nombre de signalements était passé d’une centaine par semaine à environ 70 000 par jour en 2021. La majorité de ces signalements provient d’entreprises technologiques, qui mettent en place des mes pour identifier et signaler ces contenus de manière proactive.

Le NCMEC ne mène pas d’enquêtes judiciaires. Sa mission consiste à structurer et prioriser les signalements, notamment lorsqu’un enfant est en danger immédiat. L’organisme collecte également des informations techniques sur les adultes impliqués, comme des adresses IP ou des numéros de téléphone, qui sont ensuite transmises aux autorités compétentes.

En France, les signalements de la CyberTipline sont principalement adressés à l’Office mineurs (Ofmin), un service de la police judiciaire spécialisé dans la lutte contre les violences faites aux mineurs. Cependant, l’Ofmin ne dispose que d’une quarantaine d’enquêteurs pour traiter un volume élevé de signalements.

Les informations fournies par le NCMEC sont également accessibles aux services de police et de gendarmerie qui en font la demande, bien que cette procédure puisse être compliquée en l’absence d’identité d’état civil.

Une part significative des signalements provient de détections automatiques sur les plateformes numériques. En France, les principaux réseaux sociaux déclarants incluent TikTok, Snapchat et Instagram, avec des milliers de signalements pour des contenus pédopornographiques.

En 2023, un signalement du NCMEC a conduit à l’arrestation d’une trentaine d’hommes en France et en Europe, soupçonnés d’avoir utilisé des contenus pédopornographiques. D’autres alertes ont également permis d’interpeller des individus impliqués dans des crimes graves.

Source : Le Monde

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