Affaire Lyhanna : la méfiance envers les magistrats permet « de ne pas traiter les crises systémiques qui touchent notamment la protection de l’enfance » pour le président du tribunal de Paris

Affaire Lyhanna : la méfiance envers les magistrats freine la résolution des crises systémiques dans la protection de l’enfance

Lors de l’ouverture d’un colloque dédié à la mémoire de Pierre Drai, Peimane Ghaleh-Marzban a souligné les avertissements de ce magistrat, décédé en 2013, concernant la « vieille méfiance à l’égard des juges ». Selon lui, cette méfiance alimente des propositions sur la responsabilité des magistrats et leur organe de contrôle, le Conseil supérieur de la magistrature.

Ghaleh-Marzban a affirmé que cette méfiance « si commode » empêche de « traiter les crises systémiques qui touchent notamment la protection de l’enfance ». Il a également dénoncé le retard des pouvoirs publics à doter la France d’une justice capable de remplir ses missions, un sujet qui est devenu central dans le débat public, à l’approche des élections présidentielles.

Sous le feu des critiques

Les magistrats font face à des critiques concernant le suivi de Jérôme Barella, le présumé meurtrier de Lyhanna, une fillette de 11 ans. Barella n’avait jamais été interpellé ni convoqué malgré plusieurs plaintes pour des violences sexuelles sur d’autres mineurs. De nombreux magistrats soulignent le manque de moyens, affirmant être submergés par les procédures et la multiplicité des priorités imposées par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Suite à un rapport d’inspection, ce dernier a prononcé des sanctions contre une substitut du parquet d’Auch et a lancé une enquête administrative, en vue d’éventuelles mes disciplinaires.

« Mécanique du bouc émissaire »

Peimane Ghaleh-Marzban a déclaré que le meurtre de Lyhanna a profondément bouleversé l’ensemble de la société. Il a déploré les discours qui mettent en avant la prétendue irresponsabilité des magistrats comme cause des maux de la société. Le jeudi précédent, les deux plus hauts magistrats de France, Christophe Soulard et Rémy Heitz, avaient également mis en garde contre cette « mécanique du bouc émissaire », affirmant que la protection de l’enfance est confrontée à une « crise systémique ».

Source : Sud Ouest

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