Affaire Lyhanna : Darmanin souligne les failles des enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a récemment transmis une note à son homologue de l’Intérieur, Laurent Nuñez, mettant en lumière des défaillances préoccupantes dans la gestion des enquêtes relatives aux violences sexuelles faites aux enfants. Ce document, daté du 29 juillet et révélé par Le Monde le 8 août, synthétise les observations des parquets généraux sur un sujet devenu prioritaire suite à l’affaire Lyhanna.
Dans cette note de 12 pages, Darmanin évoque des dysfonctionnements « d’ordre structurel », liés à un manque de moyens, de formation et d’outils, tout en précisant que ces problèmes ne relèvent pas « de la volonté des personnels de terrain ». Parmi les manquements les plus alarmants, figure l’existence d’un vaste « stock fantôme » de dossiers non répertoriés, qui n’ont pas été transmis à la justice.
Les procureurs ont ainsi constaté des disparités notables entre le nombre de procédures connues par les parquets et celles détenues par les services d’enquête. À Nîmes, par exemple, 1 275 procédures « fantômes » ont été identifiées, tandis que Caen en a recensé 905. À Melun, de nombreuses affaires ont été laissées sans enquête pendant des mois, voire des années, malgré l’identification des auteurs.
Darmanin propose une rencontre le 3 septembre pour discuter des problèmes soulevés et envisager des solutions. Le manque d’effectifs apparaît comme un enjeu majeur, avec des situations critiques, telles que celle du groupe de protection des familles du Mans, qui ne compte que six agents pour plus de 4 000 procédures. La formation des enquêteurs est également mise en question, avec des cas d’auditions mal conduites rapportés à Bordeaux et Besançon.
Le ministre de l’Intérieur a exprimé des regrets concernant la fuite de ce document, le qualifiant de « travail en cours d’expertise ». Ludovic Friat, président du principal syndicat de magistrats, a confirmé les constats de Darmanin, soulignant la nécessité d’une approche coordonnée entre les ministères de la Justice et de l’Intérieur pour faire face à cette problématique.
Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, a été mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans. Cette affaire a suscité une onde de choc, révélant l’existence de 85 047 plaintes en cours de traitement pour violences sexuelles sur mineurs.
Source : Le Monde



