Affaire Legay : le collectif niçois se rassemble devant le Palais de Justice

Affaire Legay : Rassemblement devant le Palais de Justice de Nice suite à la condamnation de Rabah Souchi

Ce lundi 29 juin, alors que le tribunal de Lyon rendait son délibéré, des militants et soutiens se sont réunis à Nice pour entendre le verdict : la condamnation à six mois de prison avec sursis de Rabah Souchi, ex-commissaire et actuel directeur adjoint de la police municipale de Nice, a été confirmée.

Un ordre illégal dénoncé

Les événements remontent au 23 mars 2019. Lors d’une manifestation de gilets jaunes à Nice, Geneviève Legay a été violemment projetée au sol lors d’une charge policière. Elle a passé plusieurs semaines à l’hôpital, a frôlé la mort et conserve depuis de lourdes séquelles. Au cœur de l’affaire se trouve l’ordre donné ce jour-là par le commissaire Souchi, considéré illégal par la justice.

Geneviève Legay a également relaté que des street medics (médecins et infirmiers bénévoles) auraient été empêchés de l’approcher alors qu’elle gisait, la tête dans une flaque de sang, et ont été placés en garde à vue pendant plusieurs heures, sans témoigner au procès.

Une jurisprudence qui ouvre des portes

La portée du jugement dépasse largement la personne de Geneviève Legay. Une organisatrice du collectif a souligné que c’est la première fois qu’un donneur d’ordre est condamné pour avoir ordonné une charge non justifiée. Le Collectif 06 “Affaire Legay”, formé autour de la militante blessée, espère que ce délibéré fera jurisprudence et servira d’exemple pour d’autres victimes de violences policières.

Une contestation qui persiste

Au-delà du verdict, la situation de Rabah Souchi continue de susciter l’indignation. Bien qu’il ait été condamné en première instance en 2024, il occupait toujours son poste au sein de la police municipale de Nice. Un membre du collectif a déclaré que sa présence était inacceptable et qu’il devait quitter la police.

À la suite de ces revendications, la ville de Nice a annoncé que la situation de M. Souchi était désormais incompatible avec ses fonctions et a prévu son départ au 31 juillet 2026.

Des voix multiples et intergénérationnelles

Parmi les présents, Bernadette, 83 ans, a exprimé son indignation : “Quand j’étais jeune, on appelait les policiers les gardiens de la paix. Aujourd’hui, c’est devenu des gens qui font du mal à ceux qu’ils sont censés protéger.” Elle a salué le parcours de Geneviève Legay, venue exercer son droit de manifester.

Sept ans après les faits, la mobilisation ne faiblit pas. Aux côtés de Geneviève Legay, son avocate, Me Mireille Damiano, et une porte-parole d’Attac 06 ont pris la parole, clôturant le rassemblement dans une atmosphère mêlant émotion et détermination.

Source : NicePremium

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