Affaire Epstein : Après la mort de Daniel Siad, quatre questions sur les suites de l’enquête en France
L’ancien recruteur de mannequins Daniel Siad, impliqué dans le volet français de l’affaire Epstein, a été retrouvé mort à 69 ans à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine) le 20 juillet. C’est une femme qu’il hébergeait qui a découvert son corps inanimé. Selon une source proche du dossier, les secours ont constaté qu’il était décédé d’un arrêt cardiaque. Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête pour déterminer les causes de son décès, une autopsie ayant été demandée.
Siad était soupçonné d’avoir agi comme rabatteur pour Jeffrey Epstein et faisait l’objet d’au moins six plaintes, notamment pour viol. Il avait toujours contesté ces accusations et n’avait jamais été entendu par la justice. Voici les questions soulevées par sa mort soudaine.
Qui était Daniel Siad et qu’apprend-on à son sujet dans les dossiers Epstein ?
Professionnel de la mode, né en Algérie et naturalisé français et suédois, le nom de Siad apparaît plus de 2 000 fois dans les « Epstein Files » publiés par le département américain de la Justice. Il est cité comme « recruteur présumé » de femmes pour Epstein, ayant échangé avec lui pendant dix ans. Siad partageait des photos et des informations sur des femmes qu’il rencontrait lors de ses déplacements.
Dans une interview, Siad a décrit Epstein comme « une crapule », affirmant qu’il avait abusé de sa confiance. Il a présenté une quinzaine de femmes à Epstein, sans être au courant des agressions sexuelles qu’elles auraient subies.
Que disent les femmes qui ont porté plainte contre lui ?
La première plainte contre Siad a été déposée le 10 février par une ancienne mannequin suédoise, qui l’accuse de viol et d’exploitation sexuelle. Au moins cinq autres plaintes ont été enregistrées, dont une pour traite d’êtres humains. Le parquet a précisé qu’à ce stade, 24 femmes s’étaient manifestées, 16 ayant déjà été entendues par les enquêteurs.
Pourquoi la justice française est-elle pointée du doigt après sa mort ?
Le décès de Siad a suscité l’indignation de plusieurs avocats et plaignantes, qui estiment que la justice française a trop tardé à l’entendre. L’association Innocence en danger a même assigné l’État pour « déni de justice ». Beaucoup craignent que des informations cruciales aient été perdues avec sa mort.
Qu’en est-il de l’enquête qui le visait ?
La procureure de Paris a assuré que l’enquête se poursuivait pour identifier d’autres personnes impliquées, malgré l’extinction de l’action publique concernant Siad. Des techniques d’enquête, y compris des écoutes téléphoniques, étaient en cours avant sa mort, mais n’avaient pas encore conduit à son interpellation.
Jean-Luc Mélenchon a appelé à une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein, soulignant que la mort d’un suspect ne doit pas signifier l’arrêt de l’action publique.
Source : franceinfo