Affaire Élodie Kulik : Rouverte, les investigations sur Willy Bardon
L’homme, âgé de 51 ans aujourd’hui, a été condamné en 2019 dans l’affaire du viol et du meurtre d’Élodie Kulik, qui remonte à 2002.
Le procureur de la République d’Amiens a accepté la demande de Willy Bardon de rouvrir des investigations, malgré sa condamnation à 30 ans de réclusion pour le viol et le meurtre d’Élodie Kulik en 2002. Cette décision a été annoncée par les avocats de Bardon dans un communiqué daté du 9 juillet 2026.
Les avocats, Gabriel Dumenil, Marc Bailly et Stéphane Daquo, soulignent que cette nouvelle étape pourrait être décisive pour prouver l’innocence de leur client. « Le procureur a décidé de faire droit à la demande de Monsieur Willy Bardon en raison de l’existence de motifs légitimes », indiquent-ils.
La défense a également annoncé son intention d’engager une procédure en révision pour obtenir un nouveau procès. Des expertises ADN sur des éléments présents sur les scènes de crime seront réalisées, en utilisant des techniques d’identification modernes non disponibles lors de l’enquête initiale. De plus, des analyses vocales sur l’enregistrement de l’appel aux pompiers seront menées pour confirmer que la voix n’appartient pas à Willy Bardon.
Jean-Philippe Vicentini, procureur de la République, a justifié l’ouverture de ces nouvelles investigations en précisant avoir reçu « plusieurs avis scientifiques ». Il a rappelé que l’évolution des techniques d’analyse en matière de voix et de génétique justifiait ces nouvelles démarches. Toutefois, cette décision ne préjuge ni du résultat des investigations à venir, ni de la légitimité de la démarche de Bardon, qui continue d’exécuter sa peine.
Élodie Kulik, alors âgée de 24 ans, avait été enlevée dans sa voiture dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002. Elle avait été violée, tuée et brûlée. Un enregistrement de 26 secondes de son appel aux secours, considéré comme une pièce maîtresse du dossier, avait révélé ses hurlements mêlés à des voix masculines. L’enquête avait stagné pendant près de dix ans avant d’identifier un suspect, Grégory Wiart, décédé entre-temps. Willy Bardon avait été reconnu par plusieurs témoins sur l’enregistrement, mais aucune preuve scientifique formelle de sa présence sur la scène de crime n’avait été retrouvée.
Willy Bardon, condamné en décembre 2019, avait tenté de se suicider à l’énoncé du verdict.
Source : Franceinfo
