Affaire Bruel : combien faut-il de femmes victimes pour que la sérialité soit constatée par la justice, par Cécile Delarue

Affaire Bruel : combien de femmes victimes pour que la sérialité soit reconnue par la justice ?

L’affaire Patrick Bruel, marquée par la plainte de l’animatrice Flavie Flament pour viol, soulève des interrogations sur la reconnaissance de la sérialité des agressions sexuelles en France. Cette situation met en lumière le défi que représente la justice pour les victimes qui souhaitent faire entendre leur voix face à des actes présumés répétés.

En 2021, l’affaire PPDA a révélé une série de témoignages de femmes ayant dénoncé des violences sexuelles. Malgré la volonté collective de faire confiance à la justice, de nombreuses plaintes ont été classées sans suite en raison de la prescription. Ces événements ont mis en évidence les limites du système judiciaire français, où le harcèlement sexuel n’était pas reconnu dans le Code pénal à l’époque des faits dénoncés.

La notion de « prescription glissante » pourrait offrir une issue. Ce principe permet de relier plusieurs crimes commis par un même auteur présumé, ce qui pourrait empêcher l’extinction de l’action publique. Ce mécanisme a été utilisé dans des affaires de tueurs en série, mais son application dans le cadre des agressions sexuelles reste encore floue.

Actuellement, la cellule cold case mise en place au parquet de Nanterre suscite des espoirs pour les victimes de Patrick Bruel. Si d’autres femmes osent se manifester et que la sérialité de leurs témoignages peut être établie, cela pourrait ouvrir la voie à des poursuites judiciaires effectives.

Dans un système où seulement 1 % des viols se soldent par une condamnation, la reconnaissance des viols en série est cruciale. Les victimes actuelles et futures doivent voir leurs plaintes prises au sérieux, afin de prévenir la récurrence de tels actes.

Source : Cécile Delarue, Nouvel Observateur

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