L’affaiblissement du SGPE, symbole du recul des politiques écologiques en France
Le rapport annuel du Haut conseil pour le climat (HCC) est sans appel. Intitulé « Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage », il pointe en particulier la perte d’influence du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE). Créé le 7 juillet 2022, cet outil devait jouer un rôle de chef d’orchestre des politiques écologiques. Trois ans plus tard, son recul est manifeste et symbolise le manque d’ambition des derniers gouvernements.
Le SGPE a été annoncé suite à la réélection d’Emmanuel Macron. « Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas », avait déclaré le président-candidat lors d’un meeting à Marseille. Réélu, il nomme Élisabeth Borne à Matignon et met à sa disposition le SGPE, dont le rôle est de coordonner les stratégies nationales en matière de climat, d’énergie, de biodiversité et d’économie circulaire.
Antoine Pellion, alors à la tête du SGPE, bénéficie d’une proximité avec Élisabeth Borne, ce qui lui permet d’influencer les arbitrages budgétaires. Au début de ce second quinquennat, le SGPE connaît un élan avec des augmentations de crédits et des mes phares comme le Fonds vert et MaPrimeRénov’.
Cependant, cet élan est stoppé avec l’arrivée de Gabriel Attal à Matignon en janvier 2024, qui opère des coupes budgétaires touchant principalement la transition écologique. Des assouplissements sur l’usage des pesticides et des obligations pour les agriculteurs de maintenir des surfaces en prairie sont également mis en place. Selon Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau action climat, 43 reculs sur l’environnement ont été recensés depuis le début de l’année 2025.
La perte d’influence du SGPE est accentuée par la décision de Michel Barnier de mettre fin au cumul des fonctions SGPE-pôle vert pour Antoine Pellion. Cela a conduit à une relégation du SGPE à un rôle d’expertise et de conseil, ce qui soulève des inquiétudes quant à son efficacité.
Les derniers mois ont également été marqués par une vague de départs au sein du SGPE, y compris celui de son patron, Antoine Pellion. Son poste est resté vacant pendant plusieurs mois, et des rumeurs de fusion avec d’autres institutions ont circulé. Augustin Augier a finalement été nommé en juin, mais son rôle demeure incertain face aux défis politiques actuels.
Le rapport du HCC souligne la nécessité de réaffirmer le rôle du SGPE pour relancer les actions en faveur de l’écologie, dans un contexte où les politiques environnementales semblent de plus en plus fragilisées.
Source : France 24
