Æternova : la deeptech vauclusienne qui transforme le CO₂ en carburant du futur
Après trois années de recherche et développement, la start-up Æternova, basée à Pertuis dans le Vaucluse, a franchi une nouvelle étape dans sa mission de transformer le dioxyde de carbone (CO₂) en carburant de synthèse. Fondée par Mickaël et Alizée Arnold, la société a récemment signé un partenariat avec le Laboratoire de physico-chimie des Polymères et des Interfaces (LPPI) de CY Cergy Paris Université, visant à améliorer ses procédés électrochimiques bas-carbone.
Ce partenariat a pour objectif d’optimiser la technologie développée par Æternova pour valoriser le CO₂ en molécules d’intérêt pour l’industrie. Avec deux bancs d’essai opérationnels, la société se dit prête à avancer vers la prochaine phase de son développement.
La technologie d’Æternova repose sur la co-électrolyse de l’eau et du CO₂, utilisant de l’électricité décarbonée. Le gaz de synthèse produit, ou e-syngas, peut être directement utilisé dans l’industrie ou converti en e-méthane, e-carburant ou e-méthanol, avec des performances globales supérieures aux méthodes existantes.
Æternova, fondée en juin 2023, est le fruit d’une collaboration familiale. Mickaël Arnold, docteur en chimie des procédés, et sa fille Alizée, ingénieure agronome, ont bénéficié de divers soutiens, notamment un prêt d’honneur d’Aix-Marseille-Provence Amorçage et des aides de Crédit Agricole, Société Générale et Airbus Développement.
La prochaine étape pour Æternova se concentre sur une levée de fonds, dont le montant n’a pas été divulgué. L’objectif est de poursuivre la recherche et de consacrer deux ans à la préindustrialisation, avec une mise sur le marché prévue pour 2031.
À long terme, Æternova aspire à contribuer à une économie circulaire du carbone, en développant des solutions de décarbonation pour des secteurs difficiles à électrifier, tels que l’aviation et le transport maritime. La société se penche notamment sur l’utilisation de e-méthanol et de kérosène de synthèse comme alternatives durables.
Reconnue par une bourse French Tech de 90 000 euros dans la catégorie Deeptech en 2024, Æternova vise à établir sa position parmi les acteurs clés de la décarbonation industrielle en France, renforcée par ce partenariat académique.
Source : Le Journal des Entreprises