Difficile de savoir si les élèves en situation de handicap bénéficieront d’un accompagnement humain suffisant à la rentrée prochaine. Les annonces du ministère et les alertes des syndicats divergent sur les moyens et l’évolution du métier.
À l’approche de la rentrée scolaire 2026, des incertitudes demeurent quant aux ressources humaines allouées à l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Lors de sa conférence de presse du 25 août, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, n’a pas fait d’annonces significatives et a renvoyé le sujet à la Conférence nationale du handicap (CNH) prévue pour le 4 septembre. En parallèle, l’Unapei a recueilli plus de 1 000 témoignages de familles sur la plateforme marentrée.org, signalant un manque de solutions pour leurs enfants. L’absence d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) est régulièrement citée comme un problème majeur. Les syndicats alertent depuis plusieurs mois sur la pénurie de ces professionnels face à une demande croissante.
L’inconnu du nombre d’élèves sans AESH
L’année dernière, près de 50 000 enfants handicapés étaient sans accompagnants, selon la CFDT Éducation (48 726 élèves). Qu’en sera-t-il cette année ? « Le ministère est pleinement mobilisé pour répondre aux besoins éducatifs des élèves encore en attente d’un accompagnement à travers le recrutement de nouveaux AESH », a tenté de rasr l’Éducation nationale. L’institution ne souhaite pas communiquer de chiffres prévisionnels concernant le nombre de professionnels attendus, préférant attendre des éléments « stabilisés » après la rentrée.
Du côté des syndicats, la situation reste incertaine. « Ce sont des personnels pour lesquels il y a un turn-over assez important, donc on n’est pas capable de dire s’ils seront en nombre suffisant pour la rentrée. Puis les besoins sont mouvants : on ne sait pas ce qui va émerger, surtout dans le premier degré », a expliqué Aurélie Gagnier, co-secrétaire générale du FSU-SNUipp.
Des besoins « fluctuants mais croissants »
Selon Danielle Arnaud, secrétaire nationale chargée des contractuels au SNALC, « les besoins sont fluctuants mais croissants. Le nombre d’AESH est insuffisant, car le nombre de notifications par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) ne fait qu’augmenter ». Plus de 60 % des élèves en situation de handicap bénéficient d’une notification d’accompagnement par un AESH. Le ministère affirme que l’école inclusive est une priorité, comme en témoigne le recrutement de plus de 1 000 AESH supplémentaires pour 2026. Cependant, Danielle Arnaud souligne que ce chiffre est souvent présenté de manière vague : « Est-ce en nombre de personnes physiques ou en équivalent temps plein (ETP) ? Car les AESH travaillent à temps partiel », a-t-elle précisé.
La qualité de l’aide apportée
Lors de sa conférence de presse, le ministre a également mentionné la progression de la scolarisation des élèves en situation de handicap, avec plus de 500 000 élèves scolarisés depuis 2017. « Mais il faut du qualitatif, et pas seulement de la quantité », a averti Aurélie Gagnier. Une divergence existe entre le ministère et les syndicats concernant le taux d’encadrement par élève handicapé. En moyenne, 80 % des AESH effectuent de l’aide mutualisée, ce qui peut nuire à l’accompagnement individualisé. « Certaines AESH ont quatre, cinq élèves, si ce n’est plus ! Il n’y a pas de limite », a dénoncé Danielle Arnaud.
Des divergences autour des PAS
Les pôles d’appui à la scolarité (PAS) constituent un autre point de tension. Présentés comme un levier pour rendre les apprentissages accessibles, leur déploiement a été critiqué par les syndicats, qui soulignent l’absence de base législative pérenne. L’Assemblée nationale a récemment refusé la généralisation des PAS dans le cadre d’une proposition de loi sur le parcours inclusif des élèves en situation de handicap.
Beaucoup de demandes en suspens
Les critiques se multiplient concernant la création des PAS sans résoudre les problèmes de manque de personnel dans le secteur médico-social. Parfois, un suivi par un AESH est mis en place pour un élève handicapé, mais sans lien systématique avec la MDPH. « Les collègues dans les départements préfigurateurs reconnaissent que les professionnels du PAS se déplacent vite et qu’une solution est rapidement mise en place, mais le fond du problème n’est pas traité », a conclu Aurélie Gagnier.
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