960 euros par mois et un second emploi… AESH depuis vingt ans, Sandrine Brunie, 52 ans, réclame

Grève des AESH : Sandrine Brunie réclame un statut et un salaire décent

Face à la réforme des pôles d’appui à la scolarité (PAS) en cours de généralisation en France, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ont manifesté à l’appel de l’intersyndicale (FSU, Unsa, CFDT, CGT, Sud éducation) ce mardi 9 juin, notamment place de la Comédie à Montpellier. Parmi les manifestants, Sandrine Brunie, AESH depuis 2006, a partagé les difficultés rencontrées dans son métier.

Sandrine Brunie fait partie des 8 000 AESH exerçant dans l’académie de Montpellier. Chaque jour, elle accompagne huit élèves intégrés dans un dispositif Ulis (unités localisées pour l’inclusion), aux profils variés. Elle résume son quotidien comme étant « épuisant », soulignant que « sans AESH, les professeurs auraient beaucoup de mal à gérer les classes ; quant aux enfants, ils seraient livrés à eux-mêmes, avec leurs difficultés. »

Bien qu’elle aime son métier, qu’elle qualifie d’« humain », Sandrine fait face à des conditions de travail difficiles, notamment un manque de formation, la précarité et l’absence de véritable statut. Son salaire s’élève à 960 euros par mois, après déduction d’une mutuelle obligatoire. Les AESH sont rémunérées à seulement 60 % du Smic sur une base de 24 heures, et avec la hausse du Smic, Sandrine sera payée au même niveau qu’une débutante. Elle exprime son inquiétude : « Les anciennes comme nous, en fait, on va être écrasées. »

Pour compléter ses revenus, Sandrine exerce également un second emploi comme formatrice vacataire pour l’Éducation nationale. Elle a récemment décidé de s’engager dans une validation des acquis de l’expérience (VAE) pour changer de métier et améliorer ses conditions de vie.

La réforme des pôles d’accès à la scolarité vise à fonctionnariser le métier d’AESH via un concours. Cependant, les annonces du ministère de l’Éducation nationale indiquent que seuls 10 à 20 % des AESH pourraient accéder à cette catégorie B, laissant 80 % d’entre eux dans l’incertitude. Sandrine s’interroge : « Qu’est-ce qu’on fait des 80 % d’AESH restants ? »

Les AESH représentent aujourd’hui le deuxième corps de l’Éducation nationale, avec plus de 140 000 salariés en France. Le cortège des 150 accompagnants en colère a manifesté jusqu’au rectorat de Montpellier, réclamant un salaire décent, une formation et un statut, tout en appelant le ministère de l’Éducation à les prendre en considération.

Source : Midi Libre

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *