Aéronautique contre automobile : le grand écart de l’industrie française
L’industrie aéronautique française se distingue par une croissance marquée, avec 222 000 salariés prévus fin 2024, soit une augmentation de 30 % depuis 2012. En revanche, le secteur automobile connaît une crise sévère, ayant perdu plus de 38 600 emplois depuis 2019, avec des prévisions de pertes atteignant 95 000 d’ici 2035, ce qui représente plus d’un quart de ses effectifs.
Cette disparité révèle des choix stratégiques fondamentaux : l’aéronautique a misé sur la haute technologie et l’exportation, tandis que l’automobile a souffert de délocalisations et de la concurrence asiatique.
L’aéronautique : une croissance solide
À fin 2024, l’industrie aéronautique française emploiera 222 000 personnes, en hausse par rapport aux 170 000 de 2012, soit une création nette de 52 000 emplois en douze ans. La région Occitanie se démarque, concentrant 40 % des emplois du secteur, avec Toulouse comme épicentre. Les Pays de la Loire, l’Île-de-France et la Nouvelle-Aquitaine suivent, bénéficiant également de la dynamique d’Airbus et de ses fournisseurs.
Cette croissance repose sur un carnet de commandes d’Airbus qui dépasse dix ans, la montée en puissance du programme A320neo et l’augmentation des budgets militaires en Europe, soutenant ainsi des entreprises comme Dassault et Safran.
L’automobile : une crise persistante
Le secteur automobile, représentant environ 375 000 emplois en 2019, a vu ses effectifs chuter à environ 335 000 d’ici fin 2024. La production de véhicules a diminué de 11 % en 2024, et les prévisions indiquent une perte de 95 000 emplois nets de 2020 à 2035. Les sous-traitants sont particulièrement vulnérables, avec jusqu’à 29 % des effectifs menacés.
Deux modèles, deux destins
Ce contraste entre les deux secteurs n’est pas le fruit du hasard. L’aéronautique a choisi d’investir dans la haute technologie, maintenant ses sites de production en France et développant un écosystème local robuste. En revanche, l’automobile a délocalisé sa production, subissant la pression de la concurrence asiatique et les changements réglementaires en faveur de l’électrique.
La situation actuelle souligne l’importance des choix stratégiques dans la pérennité des industries, illustrant comment un secteur peut prospérer tandis qu’un autre se débat dans la crise.
Source : Revue Conflits
