Acier : le Melted and Poured, une réglementation contestée selon GravitHy
Les enjeux de souveraineté économique sont de plus en plus présents dans les discussions industrielles. Alors qu’une dynamique d’industrialisation décarbonée a émergé après la crise sanitaire, la situation économique actuelle perturbe ce mouvement. Dans ce contexte, la Commission européenne a introduit l’Industrial Accelerator Act (IAA) en mars dernier, visant à créer un marché pour les produits bas carbone fabriqués en Europe.
L’objectif pour l’industrie manufacturière est clair : augmenter sa part dans le PIB européen à 20 % d’ici 2035, contre 14,3 % en 2024. L’acier, en tant que matériau clé, joue un rôle crucial dans cette volonté de souveraineté.
La réglementation du « Melted and Poured » définit l’acier vert européen en se basant uniquement sur le lieu de fusion et de coulée, sans prendre en compte l’origine du DRI (fer pré-réduit), qui est essentiel pour obtenir un acier 100 % vert et européen.
Quand le diable se cache dans les détails
Cette lacune réglementaire crée des tensions au sein de l’industrie sidérurgique. Les consommateurs d’acier, notamment dans l’automobile et la construction, craignent que des exigences de production renforcées entraînent une hausse des prix. Parallèlement, des acteurs comme GravitHy, basé à Fos, soulignent que cette définition pourrait permettre la commercialisation de produits utilisant entièrement des matières premières importées sous l’étiquette « européenne ».
Cette situation soulève des questions sur l’intégrité des produits labellisés comme européens et sur les impacts économiques pour les secteurs dépendant de l’acier.
Source : GravitHy, Commission européenne.

